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Publié par Loud TV

Recit de tournée avec AMORPHIS par Denis Goria pour Loud TV
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AMORPHIS USA TOUR 2017


La tournée commence le 6 Mars à Charlotte, Amorphis étant alors à ce moment là, choisi pour faire l’ouverture de Overkill sur quelques dates. Je ne rejoins quand à moi le groupe que le 8 Mars à Washington DC. La tournée à proprement parlé du groupe commençant alors le 12 Mars à Philadelphie. Une façon en somme de s’échauffer avec Overkill avant d’entamer un marathon de plus de 35 dates à travers les états unis. Soit 24000km en tourbus,  environ une trentaine d’états à traverser sans parler des dates canadiennes qui font parties de cette tournée. Amorphis  s‘est adjoint les services d’une autre groupe Finlandais pour ouvrir la tournée, je veux parler de Swallow the Sun, groupe de doom métal  mythique.

La dernière tournée d’Amorphis aux USA remontant alors à 8 ans, je m’imaginais bien une certaine attente des fans, même si certains d’entre eux avaient pu les suivre sur le récent 70000 tons of Metal,  mais pas à ce que j’ai vu. En effet, la foule de fans était carrément en délire. Du vrai pain béni pour le groupe, qui au travers des différentes dates, a pu largement constaté l’engouement américain pour sa musique et une augmentation exponentielle de son audience. Avec une set list qui ne changera pas d’un fil, c’est une prestation de 75mn, complètement folle et explosive que fourni le groupe, de concert en concert.  Petit plus pour les fans, c’est la venue surprise sur certaines dates, de Mikko Kottamaki sur scène, venu prêter main forte à Tomi Joutsen sur Black Winter Days, formant alors un duo incroyable, de voix puissantes et apportant une violence des plus séduisante sur un titre aussi mythique. La encore, les fans ne s’y trompent pas, redoublant de cris et d’applaudissement pour conclure cette prestation finale. Une fin de concert alors épic.

 

 

Recit de tournée avec AMORPHIS par Denis Goria pour Loud TVRecit de tournée avec AMORPHIS par Denis Goria pour Loud TV
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Tout cela serait la paradis si nous n’avions pas eu à faire à la plus grosse tempête de neige depuis 50 ans sur le sol Américain, je veux bien sur parler de STELLA. En effet, à peine quelques  heures après notre arrivée à New York city pour une journée de repos, Esa, Tomi Joutsen, Sami Koivisto (notre ingé-son) et moi même, visitions à ce moment là Time Square, quand nous recevions des alertes de tempêtes sur nos téléphones.  De retour au tour bus à New Jersey, le blizzard commençait à se faire sentir, le vent à se renforcer, et la tension s’installer. Au bout de quelques heures, notre bus tanguait dans tous les sens, le blizzard frappant de toute ses forces sur les vitres du bus, il était tout simplement impossible de marcher dehors.

L’inquiétude se faisant sentir sur les visages de tout un chacun, c’est avec la plus grande désolation que le groupe apprenait que le concert du lendemain à NYC était annulé par le promoteur, invoquant pour raison, un « Act of God ». Le métro étant coupé, les routes interdites à la circulation, c’était prévisible que personne ne pourrait se rendre à la salle de concert. Je voyais alors les membres répondre pour certains directement aux fans sur FB pour confirmer la mauvaise nouvelle.
Nous avons donc passé le lendemain à attendre dans le bus, que l’alerte tempête soit levé. Et pourtant, la bonne humeur faisait alors place à la consternation. Peut être est ce cela, la mentalité Finlandaise. Faire face aux problèmes et à l’adversité avec le sourire. Finalement, après une journée de perdu, notre Bus se mit en route pour Ottawa. Dans la nuit, je fut réveillé par des sensations de vertige, j’allumais mon téléphone pour nous géo-localiser, et je remarque que nous n’avions fait que 200km en 6h… Je compris à cet instant que Ottawa serait alors aussi compromit. je me leva pour aller voir dans la cabine du chauffeur, et je vis la désolation sur la route, de la neige et du blizzard à perte de vu, et notre bus qui valsait de gauche à droite, s’était sans compter sur les efforts surhumain de notre chauffeur pour garder le bus sur sa route. Il reçu un message sur son téléphone,  se gara au plus vite sur une aire de repos, perdu dans une « no man’s land ». Il m’expliqua alors que le trafic venait d’être interdit sur l’autoroute du Nord. Ottawa était définitivement hors de notre portée. Une nouvelle malédiction pour le groupe et pour les fans. La encore, nous avons passé notre journée, à attendre sans rien pouvoir faire.

Finalement, notre bonne chance allait nous sourire, en fin de journée, l’alerte venait d’être levé, nous partirons le lendemain pour Québec city. Le groupe, toujours très proche de ses fans, me demandant alors de faire une petite vidéo amusante, en anglais et en Français sur FB pour rassurer les Fans de Québec de notre venue. Une fois sur place le lendemain, la satisfaction de pouvoir monter sur scène est à son comble. Enfin, la tournée allait vraiment commencer. Enfin !

 

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Swallow the Sun, vient de finir son set, sur une musique puissante et très ténébreuse, une prestation sans faille d’un groupe sombre à l’aura mystique.  Le groupe étant alors amputé de deux de ses membres. En effet, après la tragique disparition de la compagne du batteur Juha Ravio, celui ci avait décidé de ne pas prendre part à cette tournée, certains titres évoquant trop de souvenir avec celle qui comptait dans sa vie, Aleah Starbridge, qui avait notamment collaboré sur plusieurs albums de STS et d’Amorphis. d’autant que sa voix rassurante et mélodieuse résonne sur scène sur la chanson « Strings Shattering ». Le groupe insistant alors sur le fait que cette tournée lui était dédié. C’est donc Juuso Raatikainen qui le remplaça à la batterie. Aussi, c’est après un burn-out que Aleksi Munter, claviste, qui décidait de quitter le groupe et pour le moment pas encore remplacé, sa présence se faisant malgré tout entendre sur scène grâce à une bande son mixé en live. Avec une set list comprenant : Rooms and Shadows, These woods breath Evil, Falling World, Hearth Strings shattering, Phsychopaths lair, Don’t fall asleep et Swallow (50mn set list) c’est une prestation finalement trop courte mais tellement bonne que Swallow the Sun laissait place à Amorphis.

De ville en ville, c’est avec une précision chirurgicale qu’Amorphis envoie un son puissant dans nos oreilles, avec une performance scénique incroyable du chanteur Tomi Joutsen. Mais comment fait il pour tenir un set du début à la fin sans faiblir, cet homme si agréable, si simple, loin, très loin des stéréotypes du genre, préférant une vie saine, sans alcool et sans excès. Et qui pourtant tel un phoenix, se transforme en un monstre scénique, une puissance vocalique toujours contrôlé, et une prestation à faire pâlir n’importe quel chanteur. La set list qui se compose dans l’ordre de : Under The Red Cloud, Sacrifice, Sampo, Silverbride, Hopeless Days, Skyforger, Bad Blood, Smoke, Into Hiding, On rich and Poor, My Kantele, House of Sleep, Death of a King et enfin, Black Winter Day envoie du lourd, du très lourd. Entre les riffs lourds et rapides de Tomi Koivusaari, La basse entre groovy et mécanique de Niclas Etelavuori, le jeux de Jan Rechberger à la batterie, les harmonies et autres folies musicales de Santeri Kallio et enfin, la maitrise du solo d’Esa Holopainen, nous basculent dès la première minute, dans une épopée sombre, puissante et mélodique, magnifiée par une mise en lumière parfaitement maitrisée, font de cette tournée, un plaisir gourmand presque honteux, de pouvoir savourer ce tableau de maitre, les fans américains ne s’y sont pas trompé en venant en masse, non seulement aux concerts mais aussi aux nombreux Meet and Greet tout au long de la tournée. Accueilli par des applaudissements, des cries de joies et d’autres « Fuck Yeah » à répétitions. La tournée, au moment ou je vous écris connaît déjà des dates complètes.

 

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Une date fut néanmoins particulière pour le groupe. Chicago ! En effet, notre bus étant arrivé en début d’après midi, garé devant la salle, quelqu’un frappa à la porte de celui-ci.  J’ouvrais alors porte, et voilà, qu’un fan américain, tenait dans ses bras, un paquet emballé. M’expliquant que c’était une peinture à montrer au groupe, avec l’accord de Santeri, je le laissais entrer. Il déballe son paquet, laissant découvrir au fur et à mesure, la peinture originale qui servit à faire la pochette de l’album TALES FROM THE THOUSAND LAKES (1994). En effet, à cet époque, photoshop n’étant pas encore ce qu’il est aujourd’hui (et les ordinateurs non plus), il était courant de faire une peinture, puis de la photographier pour créer la pochette d’un disque. Cette peinture réalisée par S.V Bell en 1992 afin de concevoir la pochette de l’album, et qu’il conservera 24 ans avant de la vendre en 2016 à un collectionneur privé, présent avec nous ce soir là. Jamais aucun membre du groupe n’avait vu la peinture originale, pourtant conçu à cette unique occasion et commandité par le label Nuclear Blast. C’est avec une grande émotion que tout le monde s’approcha de cette peinture, la touchant du bout des doigts comme pour ressentir l’émotion d’un passé oublié. Je fut alors témoins d’un moment d’une grande intensité qui finalement me toucha aussi grandement. Cette peinture, c’est un peu un morceau de l’histoire d’Amorphis, le deuxième album qui confirma son talent avec le titre Black Winter Day tiré de cet album.

Evidemment, une tournée ne serrait pas une tournée sans les petits plus que cela permet, spécialement lorsque l’on tourne aussi longtemps aux USA, un pays souvent critiqué pour ses excès, et pourtant, qui en fait rêver plus d’un, pour sa dimension et justement ses excès . Ainsi, nous avons pu découvrir la statut de Rocky Balboa à Philadelphie, visité le musé de Harley Davidson à Milwaukee, les joies de laver son linge sale ensemble dans une laverie au détour d’une bonne  bière, les soirées dans le bus à se raconter des histoires, des anecdotes toutes aussi rocambolesques les unes des autres, et bien sur, notre premier BBQ de la tournée près de Détroit, dont je fus le modeste initiateur.  J’apprécie vraiment la complicité qui les lie et qui rejaillit sur moi, tels les fois où Tomi Joutsen et moi même, nous nous éclipsons du tour bus pour aller chiner les boutiques vintages. Un moment d’évasion, qui permet de parler d’autres choses, de se vider la tête, tout en prenant un malin plaisir à trouver LE TEE-SHIRT ! Un homme simple, plein d’humour avant d’être une star, voilà ce qui pourrait être le vrai portrait de Tomi Joutsen. Certains devraient prendre modèle sur lui ! Je n’en dirais pas plus…

La tournée continue, voilà deux semaines que nous vivons ensemble, ce soir, nous sommes à Milwaukee, demain Chicago. Malgré la fatigue, j’angoisse déjà de devoir leur dire au revoir dans 3 semaines, les abandonnant en cours de tournée. La sensation de les trahir en quelque sorte.

 

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Parfois, sur une tournée, on peut de temps en temps être surpris par le groupe local qui fait l’ouverture du concert, dans le bon sens comme dans le mauvais. Dans notre cas, cela sera pour le mauvais, concernant ce petit groupe local qui fit l’ouverture au City of National Grove d’Anaheim en Californie. Ne cherchez pas, je ne citerai pas de noms, mais voilà qu’une bande de joyeux connards (oui oui), arrive sur scène bières en mains, et déverse un son et une musique des plus douteuses sur le public. Les tenues de scène tenant d’avantage du fan grimé en artiste métal que de l’artiste lui même. Bref, cela ne serait pas parfait, si en plus, le groupe n’avait commencé sa prestation en retard, l’obligeant à écourter sa set list d’une chanson. Mais voilà, le groupe continue de jouer, retardant la prestation de Swallow The Sun et celle d’Amorphis tout autant. Il faut savoir que si une salle de concert ne ferme pas à l’heure,  elle peut, en dehors de payer une taxe de nuisance sonore « hors délais », être obligée de payer les employés avec un extra. Réduisant la rentabilité de la soirée… Et donc, l’ingé-son de la salle décide de couper le son, agaçant du même coup la formation sur scène. Mais ceux là, toujours bières en mains, continuent malicieusement de jouer et chanter a capella… La tension backstage montant d’un cran, ni une ni deux, je vois la directrice de programmation, une petite blonde qui semblait au demeurant timide, venir prendre le chanteur par le bras et le sortir de scène un coup de pied dans le derrière et jeter le micro par terre. Tout cela , devant un public médusé. On ne rigole pas avec le planning aux USA ! Evidemment, lorsqu’elle me donna les directives et ligne de conduite concernant mon autorisation de captation video (je filmais alors le prochain clip d’Amorphis, après celui de BAD BLOOD que nous mettions en lignes deux semaines plut tôt), j’acquiesçais de vive voix avec une certaine fébrilité, voulant éviter à tout prix la même punition.


Voilà que je vais quitter la tournée dans une semaine, et je comprends une certaine tristesse de la part du groupe, car, cela restera secret jusqu’au début du mois de Mai, mais Niclas a décidé depuis plusieurs mois de quitter le groupe après cette tournée. Entre ceux qui sont déçu de voir leur frère d’arme tirer sa révérence et les autres continuant sans cesse de tenter de lui faire changer d’avis, c’est un Niclas très ému et sensible que je découvre. J’avoue avoir moi aussi tenter, avec souplesse, de le faire changer d’avis, mais son argumentaire se tient d’une certaine façon, et je comprends que cela soit peine perdu. Ainsi, c’est la vision d’avenir pour le groupe qui ne lui convient plus, remettant la faute sur son management en interne. Cela fait près d’un an qu’il avait amorcé son départ, et aujourd’hui, rien à part un changement de management, ne le fera changer d’avis. Mais au yeux du groupe, Niclas restera leur ami de toujours, leur compagnon de route, une amitié comme celle que j’ai pu voir sur cette tournée,  reste et restera solide, peu importe les embuches, c’est certain !

Je dois admettre que ces gars là, pour les connaître depuis près de 10 ans et avoir collaboré sur 2 albums et accomplis plusieurs tournées ensemble, sont vraiment des personnes généreuses, passionnées, et que le succès n’a jamais détourné de la réalité, sincères et vraies, respectueuses des fans, et enfin solides entre eux. L’amitié, ça n’a pas de prix. C’est ça Amorphis, une bande de potes avant tout !!!

Denis Goria.

 

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