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Publié par PAPABORDG.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM DE SONATA ARCTICA : TALVIYÖ (NUIT D’HIVER)

Après un THE NINTH HOUR (2016), neuvième fleur de lys de la grande carrière des finnois de SONATA ARCTICA, le quintette mené de main de maître par le talentueux TONY KAKKO (chant, guitare, clavier, compositeur) semble retrouver le chemin de l’inspiration par rapport à ces deux prédécesseurs plus ternes, faits de hauts et de bas comme d’ailleurs toute l’histoire des grands du power mélodique mondial.

 

Une ascension fulgurante, des œuvres marquantes puis des années 2000, moins évidentes, plus éprouvantes et en demi-teintes. Cependant SONATA ARCTICA fait partie de ces groupes qui n’a jamais abdiqué, n’hésitant pas à parfois prendre des horizons différents, des risques, essayant de renouveler son art, pour mieux en surprendre plus d’un, que ce soit en bien ou en mal. Evidemment ce fut le cas avec des œuvres passées telles que UNIA (2007) où THE DAY OF GRACE (2009) où les finlandais firent entrée avec grâce des éléments progressifs à leur art. De même, Il est peut-être difficile de dire que c’est la même entité qui a réalisé des albums aussi différents et éclectiques tels que ECLIPTICA (1999), UNIA (2007), STONES GROW HER NAME (2012). Alors que peut-on attendre des scandinaves pour son dixième opus?

 

Qu’ils nous surprennent une énième fois ou qu’il nous offre un TALVIYÖ dans la continuité de ses deux aînés? La réponse est évidente : TALVIYÖ fait partie d’un nouveau cycle, emprunté déjà à partir de PARIAHA’S child (2014), se poursuivant aujourd’hui. Bien sûr les particularités et différences sont là, SONATA ARCTICA évite de se répéter pour ne pas lasser. Parlons un peu de ce TALVIYÖ.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM DE SONATA ARCTICA : TALVIYÖ (NUIT D’HIVER)

L'album est composé de once morceaux pour une durée de presque une heure (56m14s), dont un instrumental « ismo’s got good reactors »  parsemé de sons orientaux et celtiques. L’illustration (qui est une réelle photographie prise par Onni Wiljami) représente un magnifique paysage hivernal finlandais avec des aurores boréales dont les histoires mythologiques sont abordées dans l’ouverture de TALVIYÖ qu’est « message from the sun ». Un THE NINTH HOUR dont l’expérience studio fut difficile, stressante même si les plus belles pierres précieuses se forment sous le poids de la pression. Pour TALVIYÖ, le processus de composition et d’enregistrement fut nettement moins difficile, notamment grâce à l’incorporation de l’ingénieur live du groupe MIKKO TEGELMAN. Une parfaite connaissance du groupe, des enregistrements presque tous ensembles comme en live, donnant un son organique, mixé avec PASI KAUPPINEN (basse) où justement sa basse est très audible. MIKKO apportant en plus de nouvelles idées sur la production, magnifiant le travail de composition de TALVIYÖ.

 

SONATA ARTICA nous transporte tout du long de ce nouvel opus dans un monde féerique, comme un conte de Noël (« message from the sun »), blanc immaculé, lumineux rappelant les grandes comédies musicales rock à l’esprit festif et joyeux. Beau, riche, profond mais où le métal se fait parfois très discret. Trop discret seront-on tenté de dire ! Les passages progressifs sont de toutes beauté (« the raven still flies with you », «storm the armada » sur sa partie centrale) et la maîtrise des musiciens quasi parfaite comme sur le venteux  « whirlwind » plutôt sombre et aux aspect très rock. La progression acoustique est juste superbe débouchant sur des parties plus enlevées contrastant en outre avec un refrain plus lent. SONATA sait aussi être accrocheur avec un « cold » limite hard fm, rappelant le son des eighties. Mais là où excelle le gang de KEMI, ce sont dans les émotions comme sur l’émouvant « storm the armada » qui est non sans rappeler à son début le grand PAIN OF SALVATION. Ce qui peut faire la force de TALVIYÖ fait aussi sa faiblesse, la production se voulant naturellement live, mais qui en parallèle pêche par son manque de puissance, sonnant un peu daté, où la batterie de TOMMY PORTIMO (batterie, percussions) semble absente, manquant cruellement d’envergure. Se privant pour le coup de son cœur, sa pulsation et de sa dynamique. De plus, SONATA ARCTICA, malgré l’effusion de sentiments, peine parfois à convaincre comme les deux ballades soporifiques que sont « the last of the lambs » et « the garden », clôturant TALVIYÖ de façon bien opposée à son introduction mais toujours dans l’atmosphère d’un conte nordique. Le métal est presque absent, sauf par bribes, ici et là, ce qui est dommageable car SONATA ARCTICA y semble bon et très à l'aise, comme sur « A little less understanding » avec des parties de guitares brillantes de ELIAS VILJANEN avec notamment des leads splendides aux sons originaux et déliés.

On retrouve le côté hargneux du groupe aussi sur « demon’s cage ». Au final SONATA ARCTICA ne dévie pas de sa ligne de conduite et parvint malgré tout à ne pas faire dans la redite. L'interprétation est sans faille, le travail d’écriture est appliqué et les mélodies sont souvent réussies, mais pourtant tout ne fonctionne pas pleinement. Une impression mitigée, malgré tout le potentiel qu’on peut y discerner. En outre, TALVIYÖ possède assez d’étincelles émotionnelles pour s’y attacher pleinement. Note: 7/10. PAPABORDG.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM DE SONATA ARCTICA : TALVIYÖ (NUIT D’HIVER)