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Publié par PAPABORDG.

Chronique de l'album de KADAVAR For The Dead Travel Fast : "Un immense album !"

Chaque œuvre de KADAVAR est une nouvelle et enrichissante expérience glorifiant les ancêtres sacrés de l’âge d’or de la musique, les années 70 ! A l’instar d’un metteur en scène, les Allemands barbus et chevelus ont besoin d’un cadre, d’une thématique pour lancer la base de leur travail, y trouvant leur source d’inspiration pour y développer des œuvres à l’atmosphère différente, pour faire évoluer le power trio sans cesse, dans des directions sensiblement différentes tout en gardant toujours cette couleur si particulière gorgée d’un feeling qui fit jadis l’étincelle des légendes.

 

Avec son troisième album BERLIN (2015), un voyage à AUSTIN au TEXAS amena KADAVAR sur des bases plus pop prenant sa source dans les tréfonds de la ville berlinoise. Sur le suivant les choses furent bien différentes, car pour ROUGH TIMES (2017), la flamme fut initiée par la trouvaille tout d’abord de la pochette puis du titre, sans avoir encore composé la moindre note musicale. Ce qui fit de ce quatrième effort une pièce musicale plus direct, heavy, et aux sonorités plus crades. Pour ce nouvel album, l’élément déclencheur fut le désir d’avoir cette gravure énigmatique de la bande, au look très Far-West, tout de noir vêtus (ou presque), contrastant avec la pierre claire d’un château sous fond d’un paysage vif et coloré. Prise précédemment lors d’un premier voyage roumain il y a quelques années (En 2012 pour leur première expérience studio et la tournée qui suivît), l'’idée lumineuse fut lancée imposant aux germaniques un retour sur les terres maudites de Transylvanie. Un voyage en Roumanie de plusieurs jours suivit, dont un passage emblématique sur les terres assoiffées de sang où trône en maître le château de BRAN, forteresse gothique associée à la légende du conte Dracula.

 

 

Le titre de ce cinquième élément de la déjà grande carrière de KADAVAR lui fait également référence puisque FOR THE DEAD TRAVEL FAST est une phrase tirée du roman de BRAM STOKER, DRACULA. Mais aussi d’un poème LENORE du poète GOTTFRIED AUGUST BURGER, ballade allemande des années 1800, dont toutes les histoires parues après en furent totalement inspirées, faisant émerger la mouvance gothico-vampiresque. FOR THE DEAD TRAVEL FAST se veut bien évidemment plus sombre, épique, progressif avec des morceaux plus longs, travaillés avec plus de voix, de guitares, mais aussi de clavier. Un film, un voyage sans temps mort musical, ni émotionnel, menant nos esprits ailleurs, complètement au-delà, dans une autre sphère.


 

Chronique de l'album de KADAVAR For The Dead Travel Fast : "Un immense album !"

Enigmatiquement commençant par « the end », la musique de KADAVAR se veut plus élégante, raffinée, nuancée, transcendant les barrières que le power trio s’était fixé sur ses œuvres précédentes. Sans doute est-ce le fait d’une maturité désormais totalement atteinte. Mais L’expérience live de février 2019 que voulut LUPUS (chant, guitare) avec les quatre membres invités, baptisés COSMIC RIDERS OF THE BLACK SUN n’y est sans doute pas étrangère également. Neuf titres jouant beaucoup avec la superstition, les forces surnaturelles, occultes et démoniaques comme sur la magnifique « saturnales » qui n’en a pourtant pas l’air déguisé sous ses doux accords électro-acoustiques, en référence à Saturne, figure de proue d’un tas de mauvais présages.

 

 

On pourrait citer la subtilité de « children of the night », son ambiance lourde et diabolique, sa montée en tension, sa voix nasillarde cachant habilement un rock qui fut jadis considéré comme le feu de Satan (les lyrics). Mais fait-il encore peur de nos jours? Il est certain que oui quand on voit la qualité exceptionnelle d’une composition comme « the devil’s master ». La  basse de MAMMUT qui vrombît, un riff terrifiant, un ensemble pachydermique et puissant aux multiples zone de vibrations,  KADAVAR s’exprime en dégainant son six colt musical dans un vieux western dramatique (clip). Mais une exception subsiste avec « poison » abordant tout autre chose, la montée de la droite nationaliste dans tout un tas de pays que ce soit en Europe ou dans le monde.

 

KADAVAR réussit là un immense album, certainement son meilleur, sûrement le plus abouti, porté par de somptueux musiciens (un CHRISTOPH LINDEMANN en ébullition sur « demons in my mind »), au son démentiel qui ne demande qu'à être écouté attentivement, à l’ancienne, comme au bon vieux temps, assis en groupe autour d’un feu, ou bien chez soi avec son meilleur pote musical, sans rien faire d’autre que de partager ce que la musique sait faire de mieux : procurer des frissons et des émotions diverses. Comment ne pas en être convaincu avec la somptueuse fin que nous réserve KADAVAR avec l’incroyablement possédé « long forgotten song » (quelle jeu de batterie de TIGER). La perfection. Note: 10/10. PAPABORDG POUR LOUD TV.