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Publié par PAPABORDG.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM D'AIRBOURNE : ROCK N’ ROLL FOREVER.

Le phénomène AIRBOURNE m’avait laissé froid, indifférent même à son éclosion sur la face du monde en 2007. Tel un ouragan emportant tout sur son passage, son excellent premier album RUNNIN’WILD fit des ravages. Sur terre comme sur mer, la conquête du monde fut presque immédiate. On se mit à rêver qu’AC/DC était ressuscité, le grand AC/DC, celui de BON SCOTT, qui plus est avec un frère de sang australien, le comble du comble. Mais contrairement à la scène REVIVAL actuelle qui me pris d’entrée les tripes (RIVAL SONS, KADAVAR, SACRI MONTI, CLUTCH, WITCHCRAFT) PAPABORDG continua à bouder ces jeunes fous furieux kangourous bondissant désormais hors de leur tanière natale. Pourquoi? Tout simplement parce que celui-ci n’a jamais été un fan absolu du petit écolier (ANGUS, pas celui-ci de LU) sautillant et de son bande. Même si ce petit garnement adore malgré tout quelques albums comme LET THERE BE ROCK, ou POWERAGE (mes deux préférés) notamment.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM D'AIRBOURNE : ROCK N’ ROLL FOREVER.

Son esprit fut toujours tourné plutôt vers les légendes anglaises que sont LED ZEPPELIN, BLACK SABBATH, DEEP PURPLE et PINK FLOYD qui pour lui, inventèrent tout ou presque. Mais tout le monde connaît l’adage, seul les imbéciles ne changent pas d’avis. Il aura fallut du temps, imbécile heureux qu’il fut pendant presque neuf ans, loupant les trois premiers albums. Le déclic se fit seulement avec l’incandescent quatrième skeud BREAKIN’ OUTTA HELL sorti en 2016 qui fut une révélation. Désormais PAPABORDG peut le dire, oui AIRBOURNE est un vrai groupe au talent incontestable et non il n’est pas qu’une simple copie d’AC/DC mais plutôt son digne héritier. Trois années passèrent sans altérer aucunement la puissance de feu de ce BREAKIN’ OUTTA HELL et l’annonce d’un nouvel album met nos sens en complète ébullition. BONESHAKER est là dans nos mains prêt à bouillonner, à imploser, mais n’est-il qu’un pétard mouillé? Tout d’abord il est important de signaler la défection fin 2016 de DAVID ROADS (guitare/chœurs) retourné dans la ferme familiale, remplacé quelques mois après en 2017 par un ami de longue date HARRI HARRISON (PALACE OF THE KING, guitare/chœurs). Mais parlons de ce cinquième album. Un artwork miteux (au contraire de la précédente, DIAMOND CUTS: THE B-SIDES dévoilant un graphisme superbe) nous dévoilant dix morceaux très courts pour trente petites minutes, une véritable tornade sortie des enceintes, très énergique et organique. Enregistré au RCA VICTOR RECORDING STUDIOS à NASHVILLE, TENNESSEE par le génial DAVID COBB (CHRIS STAPLETON, RIVAL SONS, EUROPE, le film A STAR IS BORN) et mixé par GREG GORDON. Un producteur moderne, mais connu pour ses productions authentiques, organiques et vintage. Un studio où les murs ont chuchoté à l’oreille d’ELVIS PRESLEY, des ROLLING STONES, et DOLLY PARTON. Un enregistrement effectué en un mois, en deux temps, une préparation acoustique puis sur bande en deux trois prises seulement par titre à fin d’y capturer l’énergie brute du groupe et cet esprit purement rock n’ roll.

CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM D'AIRBOURNE : ROCK N’ ROLL FOREVER.

Ce qui fait de BONESHAKER un album live en studio. Le plus court, le plus primitif et instinctif de la carrière des australiens. AIRBOURNE voulait faire de BONESHAKER un album fait du même vieux velours que les enregistrements classiques de la fin des années 70. Sur ce point la réussite est totale tant le son est EXTRAORDINAIRE, favorisant l’acoustique naturel de chaque instrument tout en étant d’une puissance stupéfiante, sans y négliger pour autant un groove certain. Rarement nous avions entendu une telle qualité sonore mettant à nu les instruments pour éclater dans un esprit tsunamesque purement rock n’ roll. D’ailleurs AIRBOURNE le déclare fortement et fermement sur la pochette avec les initiales RNRFL écrites correspondant également au titre qui clôture BONESHAKER « rock n’ roll for life ». Cependant cet éclate sonore déferlant comme un ouragan sur l’auditeur, qui stupéfie dès la première écoute est contrariée quelque peu par des compositions qui restent parfois mitigées en goût. Pourquoi? Car souvent dû au fait qu’elles ne foudroient pas sur toute leur longueur, mais juste par instant ici et là, pourtant leur durée est si faible. Un sentiment qui tend à s’estomper quelque peu avec le temps notamment grâce à cet enregistrement exceptionnel dont la qualité évidente d’interprétation des musiciens mis en lumière est plus que visible. Très talentueux nos hommes maîtrisent à la perfection l’art de leur instrument pour assouvir leur soif de décibels rock n’ roll. Attention toute fois certains titres font complètement mouche. L’entraînant et bondissant « backseat boogie » au feeling remarquable, le superbe éponyme « boneshaker » digne des grands standards du hard-rock. Un refrain superbe, une tension palpable s'enchaînant parfaitement avec l’explosif « burnout the nitro » aux influences country/blues survitaminées. Un « this is our city » qui risque d’haranguer les foules, avec son lot de jolies nanas au décolleté généreux, en transe dont les effets les plus personnels risquent de voler sur une scène chaude comme la braise. Effectivement on aborde les thématiques les plus emblématiques et légères du hard-rock sur le désinvolte « sex to go » avec un JOËL O’KEEFFE (chant/guitare) sexy et joueur avec son organe vocal, nous délivrant en plus un solo de tout premier ordre.

On le retrouve avec une voix bien plus grave et venimeuse (on pense un peu à DAVE MUSTAINE de MEGADETH) sur l’intro de « blood in the water » au refrain qui tâche. En outre « weapon of war » sonne un peu différemment, plus sombre et grave, abordant le retour des soldats dans leur patrie, meurtris moralement et physiquement parfois dans une indifférence totale. Un stress post-traumatique qui parfois amène malheureusement au suicide. Une société qui doit et dont le devoir doit-être la réinsertion sociale et psychologique de ceux qui risquent leurs vies pour défendre celle des autres de l’oppression et la folie humaine. Un morceau un plus long et plus « posé » dont les paroles narratives du début n’avaient pas trouvé leur place dans la chanson et qui donc ont été placé dans un préambule enregistré sur un répondeur portable par un pote du groupe AARON (qui a travaillé avec le groupe sur BONESHAKER) relié à un microphone. En finalité Il est difficile d’avoir un avis tranché et définitive sur ce BONESHAKER qui enchante mais aussi déçoit. Même si AIRBOURNE nous délivre ce que l’on peut attendre de lui par des riffs incisifs et refrains marquants en y déployant une énergie pure et sincère, le manque de compositions exceptionnelles lui fait aussi défaut. Dommage car si tous les morceaux avaient été du même calibre que ceux cités, voire mieux, avec une telle production on aurait certainement frôlé la perfection. Hélas ce n’est pas le cas..... Note: 6,5/10.

Retrouvez notre interview avec AIRBOURNE pour Boneshaker ici!