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Publié par PAPABORDG.

CHRONIQUE DE CATTLE DECAPITATION : TU NE TUERAS SANS AUCUN PARTI PRIS, SANS SECTARISME ET SANS PREMEDITATION. LA FAUCHEUSE EST LA, ELLE T’ATTEND.

La terre se meurt tout doucement mais inexorablement dans une indifférence presque totale. La mort, la destruction sont semées à tout va, à chaque coins et recoins de l’astre suprême détruisant tout sur son passage de la faune à la flore, aux ressources naturelles gaspillées au nom de la race humaine et de son avidité à satisfaire sa cupidité. La pitié humaine n’existe pas, ou plus, des êtres si irrespectueux, si orgueilleux, si infidèles, sans valeurs, ni regrets et remises en question. Pourtant ils semblent si insignifiants, immensément petits face à l’étendue vertigineuse de la planète bleue, sa beauté incroyable, son fantastique potentiel qui les portent, les nourrissent, les abrites, les chauffent, les habillent depuis siècle après siècle. Notre maison brûle de toute part, l’alerte est à son paroxysme, mais l’espoir demeure peut-être encore car certains irréductibles existent toujours dénonçant l’ignominie de la race humaine envers les animaux, l’environnement, mais aussi envers la plus grande des créations de l’être divin: l’humain. Les californiens (San Diego) de CATTLE DECAPITATION (progressif death metal/grindcore) font partie de cette excellence toujours prête à partir en guerre pour combattre ce qui ne parait plus inacceptable de nos jours. Un monde fou, sans esprit ni conscience qui espérons reste encore arrêtable. Le dévastateur MONOLITH OF INHUMANITY (2012) voyait l’espèce humaine noyée sous le poids de ses propres déchets ne pouvant se défaire de la problématique de l’épuisement des ressources naturelles afin de satisfaire ses besoins les plus primaires. Une faillite telle de l’écosystème que certains instincts les plus primitifs gagna la horde humaine dont celui le plus horrible et gore: le cannibalisme. Sur THE ANTHROPOCENE EXTINCTION (2015) qui suivit, l’homme ne parvenait même plus à se nourrir de ses pairs, s’éteignant de lui-même, étouffé par l’amoncellement des ordures et particulièrement des matières plastiques. Depuis toujours CATTLE DECAPITATION n’a jamais hésité à affronter armes en main, l’horreur que l’homme a infligé à la nature et DEATH ATLAS huitième du nom est son projet le plus dark.

CHRONIQUE DE CATTLE DECAPITATION : TU NE TUERAS SANS AUCUN PARTI PRIS, SANS SECTARISME ET SANS PREMEDITATION. LA FAUCHEUSE EST LA, ELLE T’ATTEND.

Le graphiste habituel du groupe WES BENSCOTER (AUTOPSY, BLOODBATH, INCANTATION) l’illustre une nouvelle fois parfaitement avec une faucheuse voûtée, squelettique, portant sur son dos l’enveloppe brûlée de notre sphère pourtant jadis si belle et colorée. L’humanité a toujours été convaincu de sa grandeur, de sa toute puissance, qu’elle était tout en toute chose, mais pourtant elle semble si insignifiante au sein de la démesure de l’univers qui l’entoure. La pochette spatiale de DEATH ATLAS est là pour nous le rappeler : l’univers trouve toujours un moyen de se purger. Dans l’ordre des choses, notre espèce n’est qu’une pensée éphémère. Une thématique sombre et hyper complexe reliée sur quatorze morceaux incroyables pour presque 55 minutes (54:58) d’une intensité une nouvelle fois rarement atteinte. Une férocité musicale hors du commun explosant de toute part dans un cocktail improbable de death métal, grindcore, black métal, sludge, doom, drone et mise en lumière par un chanteur hors-norme (TRAVIS RYAN) à la voix déclamant des refrains hors du temps. La production au DENVER’S FLATLINE AUDIO réalisée par DAVE OTERO est juste imparable mettant parfaitement en valeur la surpuissance des américains. Décidément le bonhomme marquera l’année 2019 car ayant déjà précédemment enregistré une autre œuvre majeure du métal extrême, celle d’ALLEGAEON (death technique mélodique): APOPTOSIS sorti en avril.

Musicalement et au niveau des paroles, CATTLE DECAPITATION a mis beaucoup de douleur, colère, passion et d’émotion dans son nouveau écrin. Ce qui en fait (DEATH ATLAS) l’oeuvre la plus puissante de la discographie des gladiateurs de notre espace temps. Ici bas, les sommets sont atteints sur la somptueuse fin qu’est l'éponyme « death atlas » avec plus de neuf minutes complètement renversantes. Violence incommensurable,  alternance de voix extrêmes qui laisse pantois, tout y passe avec une facilité déconcertante. Deux refrains marquants, l’un piquant au vif puis l’autre carrément astral avec cette voix claire si particulière et criarde. Le morceau installe cette esthétique si particulier et merveilleux propre au groupe sur un passage lent, planant, et progressif dont une voix surprenante s’échappe (que l’on trouve déjà sur le magnifique « the unerasable past ») faite de saveurs rondes, graves et chaudes, caressant les oreilles avec une grande émotion. Le morceaux s’estompant progressivement, finissant sur des chœurs féminins aux sonorités arabisantes. CATTLE DECAPITATION a créé là, un album dévastateur, percutant, et d’une grande brutalité qui risque de lacérer les tympans fragiles, de les faire voler en éclats lors de la prochaine tournée mondiale du mythe. La sueur et les larmes ont dû couler pour faire un tel ouvrage, ce qu’il nous inspire également à nous tous tant il est fort, bestial, mais aussi beau et grandement émotionnel. Un métal extrême d’une autre planète, d’une autre galaxie, d’un autre univers dont DEATH ATLAS marquera les fans, mais aussi les autres encore dans quelques années. CATTLE DECAPITATION est une nouvelle fois prêt à répandre la mort et la désolation sur cette planète qui est en perpétuel conflit par nous et à cause de nous, êtres insignifiants sommes-nous. Il n’y aucune issue pour sortir de l’enfer des tréfonds de ce monde affligeaet DEATH ATLAS le confirme désespérément. TU NE TUERAS SANS AUCUN PARTI PRIS, SANS SECTARISME ET SANS PREMEDITATION. LA FAUCHEUSE EST LA ET NOUS ATTEND. Note: 9,5/10. PAPABORDG POUR LOUD TV. PS: Il est bon de noter la présence parmi les rangs de CATTLE DECAPITATION désormais d’un guitariste supplémentaire en la personne de BELISARIO DIMUZIO, mais aussi d’un nouveau bassiste OLIVIER PINARD. Quand l’Amérique s’allie avec l’Europe pour le meilleur. De plus DEATH ATLAS compte un certain nombres d'invités: LAURE LE PRUNENEC (IGORRR, RICINN), RICCARDO CONFORTI (VOID OF SILENCE), DIS PATER (MIDNIGHT ODYSSEY), JON FISHMAN (PHISH), en y ajoutant les instrumentistes d’OTTONE PESANTE.