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Publié par PAPABORDG.

CHRONIQUE DE BLIND GUARDIAN : “Legacy Of The Dark Lands” : DU JAMAIS VU DANS LE METAL !

L’idée d’une pièce épique et entièrement orchestrale germa il y a fort longtemps dans l’esprit des allemands de BLIND GUARDIAN et notamment du binôme créatif KÜRSCH (chant)/OLBRICH (guitare). Elle se mua en un véritable leitmotiv (et dont les premiers morceaux furent proposer à PETER JACKSON pour LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (2001)) lors de la composition (1996) et l’enregistrement du mythique NIGHTFALL IN MIDDLE-EARTH (1998), la plus belle des œuvres des germaniques à ce jour (pour PAPABORDG). Mais pour se consacrer à un tel projet gargantuesque, une telle opulence musicale, BLIND GUARDIAN dut trouver du temps, beaucoup de temps, des moyens financiers importants, énormément d’argent pour assouvir ce qui fut son fantasme de toujours. Pris par les différentes œuvres de BLIND GUARDIAN et freiné par la charge financière très conséquente que représente l’emploi d’un orchestre symphonique de prestige et de qualité (celui de Prague), il aura fallu donc plus de vingt ans (23 ans exactement) de dur labeur pour finaliser BLIND GUARDIAN ORCHESTRA. LEGACY OF THE DARK LANDS se présente comme un side-project au groupe et semble être la consécration ultime à la musique des allemands telle qu’ils l’ont toujours, conçu, imaginé et rêvé. Vingt-quatre morceaux formant un tout somptueux, présentés dans un seul écran purement symphonique (ici pas de guitares, basse, batterie), ayant comme chef d’orchestre principal, la voix EXTRAORDINAIRE de HANSI KÜRSCH. Un projet fou, hyper ambitieux, le plus éléphantesque jamais réalisé par les allemands avec la complicité du FILMHARMONIC de PRAGUE, seul interprète de l’oeuvre avec le chant d’HANSI.

CHRONIQUE DE BLIND GUARDIAN : “Legacy Of The Dark Lands” : DU JAMAIS VU DANS LE METAL !

ANDRE OLBRICH étant quant à lui crédité de la plus part des compositions de LEGACY OF THE DARK LANDS réalisées sur ces deux décennies et qui furent retravaillées pour s’adapter aux contraintes et exigences de l’orchestre symphonique. Le concept du disque prend sa source dans le nouveau livre de l’auteur à succès allemand, MARKUS HEITZ (fantasy, horreur et science-fiction), intitulé DIE DUNKLEN LANDE (travaillé en étroite collaboration avec le groupe) sorti en février 2019. L’histoire, contant les aventures d’un mercenaire prénommé Nicolas au cours de la guerre de trente ans, se déroule en 1629 et peut-être considéré comme le préquel au disque du gang de KREFELD. LEGACY OF THE DARK LANDS est une véritable bande son original et cinématographique  glorifiant la passion qui les lie (les musiciens) à l’univers de l’heroic fantasy. Entrecoupée de plages narratives qui fond froid dans le dos tellement elles nous paraissent réelles, permettant à l’auditeur de poser une foule d’images, parfois même terrifiantes devant ses yeux. Comme sur « the ritual » (qui introduit « in the underworld ») où l’on pense immédiatement au SEIGNEUR DES ANNEAUX, avec la fureur des ENTS (les esprits de la forêt, des créatures à l’apparence d’arbres faisant parti probablement des peuples les plus anciens de la TERRE DU MILIEU) marchant dans leur forêt sacrifiée au plan machiavélique et démoniaque de SAROUMANE LE BLANC.  Mais aussi des sons évoquant un paradis de douceur et d’amour porté par une harpe sous fond de cloches d’église comme sur le magnifique « conquest is over ». Des acteurs simplement monstrueux que l’on pouvait déjà pour certains entendre sur le légendaire NIGHTFALL THE MIDDLE-EARTH (1998). Des narrations ayant une place prépondérante dans la réussite (un vrai fil conducteur parfaitement imbriqué à chaque titre) de l’oeuvre, sa cohérence, une véritable colonne vertébrale où de fantastiques morceaux aux ambiances diverses et variées peuvent s’y poser avec sûreté. Les titres quant à eux nous livre une histoire très riche aux nombreuses péripéties. Des fresques incroyables où l’on retrouve le meilleur de BLIND GUARDIAN avec ses chœurs grandioses et son aspect symphonique mais ici poussé à l’extrême sans jamais lasser, ni ennuyer.

BLIND GUARDIAN paradoxalement a épuré sa musique tout en y complexifiant à outrance ses points forts qui le fit entrer il y a fort longtemps déjà, dans la légende du power métal symphonique et du métal tout court. Plusieurs morceaux illustre à la perfection ces propos et notamment les formidables « point pfno return », «  harvester of souls » (que les fans reconnaîtront comme la version orchestrale originelle de la chanson « at the edge of time » de l’opus BEYOND THE RED MIRROR (2015)), « this storm », ou bien le pharaonique « beyond the wall » qui est juste INCROYABLE. Nous parlions un peu plus haut des épopées de LEGACY OF THE DARK LANDS, elles sont nombreuses mais l’une des plus réussi me semble être « dark cloud’s rising » rappelant fortement dès son intro LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (eh oui, la référence ultime pour BLING GUARDIAN?), plus précisément LA COMTE. Là où nos héros, malgré eux, les HOBBITS vivent en paix et en harmonie avec la nature et ses éléments, fraternisant et dansant les uns et les autres autour de grandes festivités. Lors de ce magnifique témoignage les cordes et les vents se mélangent créant une atmosphère de paix, de joie et d’amour pour basculer brusquement dans la noirceur d’une menace évidente et gravissime qui se veut proche. Sombre chose, prête à perturber ce si bel équilibre. Quelle claque immense, l’immersion est totale, les sentiments à l’écoute d’un tel disque sont si forts, le voyage est si riche et intense. Mais toute cette beauté, cette avalanche de perfection sonore, cette grandiloquence n’aurait jamais pu atteindre de tels sommets sans la prestation idyllique de HANSI KÜRSCH, complètement habité et chantant comme jamais auparavant, comme d’ailleurs seul que quelques uns le peuvent vraiment sur cette primitive planète. Ses capacités vocales semblent transcendées par l’apport de l’orchestre pragois. Son champs d’action est bien plus important, ses possibilités bien plus accrues que sur les œuvres précédentes.

CHRONIQUE DE BLIND GUARDIAN : “Legacy Of The Dark Lands” : DU JAMAIS VU DANS LE METAL !

LEGACY OF THE DARK LANDS : Une théâtralité dépassant de très loin tout ce que le groupe entreprit dans ses précédentes oeuvres. HANSI et l’orchestre ne faisant qu’un, celui-ci modulant son organe vocal (« dark cloud’s rising », « point of no return ») au gré des variations des instruments classiques. Tantôt subjuguant, puis menaçant sur l’irréel « dark Cloud’s rising », fastueux sur  « in the underworld », parfois révérencieux sur « the great ordeal», grandiloquent sur les envolées magistrales de « nephilim », tour à tour doux et agressif (quelle puissance vocale) sur le dantesque « in the red dwarf’s tower », surpuissant sur « beyond the wall », possédé comme jamais sur « treason », ou bien la déflagration émotionnelle des plus de sept minutes du monumental « harvester of souls ». Une prestation inoubliable et qu’il le sera à vie pour nous tous. Un LEGACY OF THE DARK LANDS est d’un grandiose et d’une abondance qui nous fait prendre conscience du travail titanesque qu’il a engendré durant toutes ces innombrables années. La paire HANSI KÜRSCH/ANDRE OLBRICH réalisé là, l’opus le plus dingue, imposant, dense, de l’ère BLIND GUARDIAN. Ce qui n’est pas un simple exploit quant on se rappelle déjà de disques comme NIGHTFALL IN MIDDLE-EARTH (1998) ou bien du très complexe A NIGHT AT THE OPERA (2001) qui suivit. Certes, certains et certaines seront au début très déstabilisés par l’absence de base métal à la musique de BLIND GUARDIAN, mais ils seront conquis par la puissance phénoménale dégagée par l’oeuvre, et sa storytelling. De toute façon ils ne seront jamais perdu tant le cacher BLIND GUARDIAN y est présent. La voix si caractéristique de HANSI KÜRSCH, les chœurs en abondance si chers au groupe, et les orchestrations symphoniques grandiloquentes déjà abordées dans les disques précédents. Sans oublier les narrations renvoyant à l’oeuvre référentielle de 1998. Quoi que l’on dise, ou quoi que l’on fasse, personne ne peut nier que BLIND GUARDIAN vient d’accoucher d’un CHEF D’OEUVRE, d’une œuvre cinématographique de très haute volée et d’une importance capitale dans leur carrière mais aussi pour le métal et sa gloire présente, et future. LEGACY OF DARK LANDS transpercera de nombreux coeurs tel la flèche noir celle de la cuirasse du dragon. PS: Il ne reste plus qu’un laisser libre cours à un réalisateur de génie pour une adaptation cinématographique qui serait le graal absolu pour tous et toutes. PAPABORDG POUR LOUD TV.

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