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Publié par PAPABORDG.

Chronique de l'album de CONCEPTION : Palpitant et vibrant : un voyage émotionnel et profond.

ce nouvel album est frais, pertinent, arborant un métal progressif de toute beauté, bourré d’émotion

Vingt-trois ans d’abstinence, qui malgré tout n’auront jamais pu altérer l’alchimie née de quatre musiciens exceptionnels, qui formèrent le groupe norvégien d’exception qu’est CONCEPTION (1989). Certaines choses demeurant inexplicables, au regard du monde, relevant du divin (on connaît l’attrait de ROY pour la religion). Aussi haut que le temps soit, il n’aura jamais de prise sur les deux compositeurs principaux que sont TORE OTSBY (guitare, ex: ARK), et ROY KHAN (chant, ex: KAMELOT). Pourtant la tâche paraissait des plus ardue, plus de deux décennies après leur quatrième album FLOW (1997). Une longue histoire qui virent des chemins divergents attendre notre magnifique quartette, avec un ROY KHAN qui connut un succès retentissant en devenant le chanteur emblématique de KAMELOT, pendant plus de treize ans. TORE OTSBY, quant à lui, persévéra dans la sphère du métal progressif, créant le joyau ARK avec ses deux comparses de génie JOHN MACALUSO (batterie) et JORN LANDE (chant). Le temps de deux œuvres, ils mirent le monde du metal sur le flanc, en résulte aujourd’hui le désormais mythique BURN THE SUN (2001), certainement l’un des plus grands disques sortis de ces vingt dernières années. Le bassiste INGAR AMLIEN se consacra à des horizons plus extrêmes, en devant le leader du groupe CREST OF DARKNESS, et le batteur ARVE HEIMDAL ayant plus ou moins arrêté son activité, raccrochant ses baguettes. Fort de toutes ces belles expériences professionnelles accumulées, mais aussi forcément en parallèle d’expériences personnelles parfois très difficiles et douloureuses, CONCEPTION est tout d’abord revenu avec un EP, MY DARK SYMPHONY en 2018. Il fut conçu en auto-production, sans le moindre label, mais avec l’aide des fans via une campagne de financement participatif. Un CONCEPTION nouveau, toujours aussi beau et raffiné, mais élargissant son champ d’action. Les attentes furent comblées par tous, ce qui encouragea un an et demi après, le groupe à enregistrer un nouvel et cinquième album: STATE OF DECEPTION (03 Avril 2020).

Chronique de l'album de CONCEPTION : Palpitant et vibrant : un voyage émotionnel et profond.

CONCEPTION se veut plus langoureux, engageant

Toujours avec son label (CONCEPTION SOUND FACTORY) qui fut créé pour l’occasion dès son retour, mais aussi ayant désormais la main sur la distribution, gérant en totale autonomie le système de campagne participatif après la faillite (escroquerie ?) de PLEDGE MUSIC. La devise des norvégiens est claire : transmettre de l’émotion à travers leur musique, et casser définitivement les barrières entre le groupe et les fans. Aujourd’hui en finançant directement le groupe, ils en sont encore plus propriétaires. Malgré toutes ces années passées, ce nouvel album est frais, pertinent, arborant un métal progressif de toute beauté, bourré d’émotion, expressif, profitant de toute la maturité acquise par nos musiciens pendant leurs parcours atypiques. Neuf nouveaux titres (39m 23s), avec une intro « in deception », et une composition de fin, déjà connue « feather moves » (remastered) qui était la face B du single RE:CONCEPTION paru fin 2018. Dans la même veine musicale que l’EP (26m 43s) créant une parfaite cohérence entre les deux disques, (encourageons d’ailleurs les gens à les écouter l’un derrière l’autre, comme une seule œuvre unique et magistrale, vu leur faible durée générale, le résultat est bluffant), presque toutes les chansons étant écrites à la même période.

 

Les morceaux mis de côté après l’enregistrement de MY DARK SYMPHONY, formant la colonne vertébrale de la prochaine étape, celle à dire celle du nouvel album STATE OF DECEPTION. Puis les scandinaves ont continué à travailler sur la musique au fur et à mesure de son enregistrement jusqu’à fin 2019. Un voyage musical qui ne lorgne pas vers le passé, une progression constante, reflétant le grand cœur du groupe, l’expression de ses sentiments. D’un grand dynamisme, et d’une grande variété, toujours accompagné d’un groove certain et d’une grande émotion, avec une audace toujours intacte. Certainement le plus grand voyage émotionnel fait à ce jour par nos norvégiens, et que l’on va plus aborder et mettre en lumière maintenant dans les détails. STATE OF DECEPTION se confronte à la thématique des erreurs humaines et de la trahison, d’où son titre, mais il parle également de l’apparence des gens, du changement climatique, en passant par la religion et la politique. Un album sombre qui reflète l’état d’esprit du groupe, mais aussi du monde dans lequel nous vivons, tout en y recherchant à y semer la graine de l’espoir.

 

Cette lueur, que l’on retrouve sur la pochette de SETH SIRO ANTON (chanteur/bassiste de SEPTICFLESH, et artiste visuel qui a imaginé une illustration pour chaque single également, comme sur le EP, qui portait déjà sa griffe) pourtant défini par une silhouette (la tête, élément clé et conservé comme tel depuis PARALLEL MINDS (1993)) sombre et très triste mais dont la main tient une superbe fleur. Musicalement, Ici le côté symphonique y est plus développé que dans le EP, comme avec le titre introductif qu’est  « in: deception » , voyage au cœur du monde arabe se terminant par une explosion et un fracas de guitare, accueillant le riff complètement entêtant de « of raven and pigs ». Un climat révolutionnaire règne ici-bas, dont le porte-voix est ROY, menant le peuple à la fronde sur des expressions vocales profondes et marquées, parfois même théâtrales, absolument sublimes. TORE, lui intervient avec des leads zigzaguantes et incendiaires sur le riff groovy du début, revenant sans cesse comme une boucle qui nous martèle la tête. Des émotions intenses transmises, tel le jeu d’un acteur brillant, comme sur le monumental « waywardly broken ».

 

CONCEPTION se veut plus langoureux, engageant « The Mansion » (très proche du QUEENSRYCHE de la grande époque) sur quelques notes de piano, dont la douceur vocale de ROY se partage avec la beauté de celle d’ELYZE RYD (AMARANTHE) par la suite. Un moment de grâce absolu, qui vient nous transporter dans une autre sphère, encore bien plus haute, sur le mont d’un solo sublimissime de TORE OTSBY (Seul DAVID GILMOUR (PINK FLOYD), en est capable). TORE est un formidable guitariste/compositeur mettant sur orbite une voix toujours aussi superbe, progressant avec l’âge, gagnant en expressivité. Moins haute et aigüe certes, mais gagnant en profondeur grâce à un joli registre grave et chaleureux. Ce qui ne semble n’être qu’une évidence à l’écoute de sa prestation monumentale sur « anybody out there » avec parfois cette fêlure vocale si belle..... Oh my god. Pour les nostalgiques, TORE OTSBY a encore récemment déclaré que ARK ne viendrait jamais à se reformer, même si l’idée ne déplairait pas à JORN. Hélas, les animosités entre OTSBY et JOHN MACALUSO semblent trop importantes. Cependant on se prend à encore à y rêver sur le disque avec des morceaux tels que « rewind », « by the blues », « she dragoon » (avec voix féminine) assez proche de l’univers de ARK, notamment avec cette toile stylistique créee par TORE OTSBY.

 

Les quatre même gars depuis la première œuvre, THE LAST SUNSET (1991), et presque trente ans plus tard, dès qu’ils se réunissent pour créer leurs sons enivrants, on ne peut nier que quelque chose de spécial se passe, de magique. Une combinaison parfaite, unique et complémentaire, avec pourtant quatre personnalités très différentes. Des liens renforcés en jouant ensemble dès l’adolescence, qui reste aujourd’hui inaltérables, inattaquables. Un talent technique incroyable, mais qui a toujours su se mettre au service de titres concis, recherchant toujours la mélodie ultime pour faire battre la chamade à nos petits cœurs, si fragiles. Cette alchimie n’a pas d’explication rationnelle et l’immense talent qu’elle dégage et fait preuve non plus!

STATE OF DECEPTION (CONCEPTION SOUND FACTORY)

LINE-UP:
ROY KHAN: CHANT
TORE OTSBY: GUITARE
INGAR AMLIEN: BASSE
ARVE HEIMDAL: BATTERIE

L’album est autoproduit et mixé par STEFAN GLAUMANN. Il succède à l’EP MY DARK SYMPHONY paru en 2018, au dernier album FLOW paru en 1997.

Tracklist :

01. In Deception
02. Of Raven And Pigs
03. Waywardly Broken
04. No Rewind
05. The Mansion (feat. ELIZE RYD de AMARANTHE)
06. By The Blues
07. Anybody Out There
08. She Dragoon
09. Feather Moves (remastered)
 
PAPABORDG POUR LOUD TV.

Note: 9/10.