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Publié par A.J.W

l'homme est l'architecte de sa propre destruction

Ne vous attendez pas à un album qui va vous mettre en joie, une chaude matinée d'été en prenant votre petit déjeuner. Non nous en sommes très loin, voyez plutôt une psychanalyse qui va mal tourner.
Azziard explore une nouvelle fois les labyrinthes tortueux de ce qui cause le déclin de notre monde, à savoir nous-même.
"Liber Secondus Exégèse" sorti le 05 juin 2020 sous le label Malpermiseta Records, second opus d'une trilogie qui a pour thème la psychologie des profondeurs. Album enregistré et mixé par Etienne Sarthou (Deliverance, AqME, End of Mankind) & masterisé par Magnus Lindberg (Cult of Luna...).
Nous ne sommes pas ici pour faire un cours théorique, sans quoi nous risquons de vous perdre et nous aussi par la même occasion, mais il est important de bien comprendre quel est le concept de cette trilogie.

 

 

La psychologie des profondeurs est une analyse qui a eu pour résultat la réalité de l'âme. Résultat abouti grace aux différents composants de cette étude telle que l'alchimie, les rêves, l'anthropologie, la religion, la mythologie...
La personnalité est une combinaison de caractéristiques émotionnelles, d'attitudes et de comportements d'une personne. Elle suit un parcours déterminé par les idées des siècles qu'elle traverse. Azziard apporte avec "Liber Secondus Exégèse", une incision supplémentaire dans la réflexion métapsychologique et y apporte sa réflexion nihiliste.

 

 

Premier titre instrumental avec "Seven Sermons To The Dread", et nous insisterons sur le mental, puisque Nesh et Gorgeist caressent les cordes de nos âmes damnées, pour ériger un labyrinthe sombre, funeste, d'où s'échappent des larmes d'une jeune femme sans doute perdue dans sa propre réalité. 03 minutes 09 secondes de rythmique sombre qui semble trouver écho dans ce dédale...

Rapidité et agressivité, viennent ponctuer "Retrouvailles avec l'âme". Chant torturé, break, moment Mid-tempo, accentue le Brutal Black Metal de cette quête de soi. A.S.A, ramène très rapidement l'ensemble vers un cloisonnement mental dont il est difficile de trouver la sortie.Rappelez-vous l'album "Visionnaire" de Misanthrope, sorti en 1997, coller dessus les intrus de Marduk sur l'excellent titre "Glorification of the black god" sur l'album "Heaven Shall Burn" et vous avez l'idée de ce que donne le concept de ce second titre.

Prisonnier de ses propres pensées, "The Three prophecies" continue d'enfoncer les clous de notre propre cercueil. Anderswo aime les blasts, la double et le fait clairement comprendre. Une nouvelle porte vient de s'ouvrir. Passages Aériens de très courte durée, A.S.A se veut être le marionnettiste de cette cacophonie mélodieuse, forçant chaque instant les loquets de notre esprit. La construction de ce morceau est assez intéressante, les passages rapides alternent avec des passages plus silencieux. Brillamment amenés, puisque les silences mettent à nu. L'homme moderne a perdu la capacité de se recueillir, car le silence a une dimension tragique à laquelle on tente d'échapper, le silence c'est la mort.

 

 

On ne peut voir la lumière sans l'ombre,
on ne peut percevoir le silence sans le bruit,
on ne peut atteindre la sagesse sans la folie
Carl Gustave Jung

"Incantation" démarre sur une guitare acoustique, suivi rapidement par un ensemble plus lourd, Le chant halluciné d'A.S.A, devient l'espace d'un instant, choeur glacial. Le doigt de la grande faucheuse n'est pas loin. Les solos et les lead sont réalisés de manière très mélodique et lorsque Nesh et Gorgeist accélèrent la cadence, Anderswo place quantité de blast beats accompagné de son comparse Sarnath à la basse, pour exploser les verrous de notre propre volonté. 

Azziard prend une approche Black Metal, teinté de Death à la Dissection avec "The Scarlett Man". Un peu de groove accrocheur, une longue rafale de contrebasse ainsi que des croches à la caisse claire. L'un des éléments qu'Azziard maitrise rendant l'ensemble. plus agressif. Les couches se superposent, voix vomissant la haine, leads ravageurs, rythmiques aiguisées, Lankou attend sur son destrier le basculement de l'être.

Atmosphère changeante pour ce 6 èm titre qui se nomme "Images of The Wanderer". Ici la dissonance est légion, aérienne, syncopé, furieusement exécutée. Rien de neuf dans le paysage. quelques breaks essaient de donner plus de nuances, mais la magie des précédents morceaux s'éstompe.

Plus énergique, la hargne est insufflée sur cet avant-dernier morceau. "Le chemin de croix" est sans nul doute le titre le plus violent de cet opus. Tout au long du morceau on retrouve cette couche superposée de parties lentes, moyennes et rapide que propose Azziard.
"The desert" clôture "Liber Secondus Exégèse" dans la même veine que les précédents titres, souffrant d'une certaine redondance. Le final de ce morceau reste relativement intéressant, un death doom magnifiquement exécuté qui aurait apporté plus de couleurs à l'ensemble de l'album, si cette partie avait été explorée sur les précédents titres.


Ce qu'il en résulte, l'idée est là. Un thème très inspiré, les travaux de Carl Jung sont sources d'écritures, de réflexions et mettre en musique celles-ci est un exercice de style couillu. On se laisse vite happer par les 4 premiers titres de cet opus, mais on tombe rapidement sur une surcharge de répétition. Les titres s'enchainent, mais se ressemblent. Un album qui ravira les fans du genre. C'est bien mais déjà fait. 15/20.

 

Support : 

Bandcamp :  https://azziard1916.bandcamp.com/

Facebook :  https://www.facebook.com/pg/azziard/photos/?ref=page_internal