Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Ozenof

#Metal #Iceland #loudtv #chronique #gipsy #baroque

#Metal #Iceland #loudtv #chronique #gipsy #baroque

Lorsque je reçois MARA, premier album du groupe CULT OF LILITH, je ne m'attends pas à grand chose spécialement. Je crains même de découvrir un album de Black Metal sans saveur tant le nom du groupe ne m'éclate pas plus que ça, et le trouve assez classique et attendu.

C'est donc de manière totalement innocente que je lance la première piste sans même chercher la moindre biographie du groupe. Et c'est surtout de manière générale que j'écoute les albums de cette manière, afin de ne pas être influencé par un quelconque écrit ou autre critique. Seul l'artwork restera comme visuel, et autant dire que celui ci amène son lot de curiosités puisque l'on a affaire à une véritable oeuvre d'art baroque inspirée du XVIIème siècle avec un un visuel rappelant la mort, la résurrection, l'imploration. Il n'y a qu'un pas pour évoquer la nécromancie.

Ce seul élément visuel entre mes mains, signé de la main de Eliran Kantor, je lance donc "Cosmic Maelstrom". L'intro au clavecin est tout de suite raccord avec la couverture de l'album et l'on se retrouve dans un univers baroque avant de lâcher les chevaux façon Death / Thrash. Les riffs sont très engageants avec une orchestration très baroque. Au niveau du chant, ça scream bien, c'est couplé intelligemment avec des choeurs à l'unisson. Derrière la rythmique martèle à grands coups de blasts, alterne les ambiances. Autant dire que cette première impression éveille ma curiosité sur le groupe, et je file donc voir qui se cache derrière ce groupe.

C'est tout en écoutant "Purple Die", démarrant sous le souffle d'un vent léger et des cris des musiciens à la manière d'un bataillon parfaitement organisé, que je découvre qu'il s'agit d'un groupe islandais. Et c'est la que je comprends les notes très "Viking" des deux premiers morceaux, mais avec cet univers baroque très marqué, ce qui donne une ambiance très singulière, avec son lot de mélodies tant féériques que démoniaques. C'est d'ailleurs sous le terme de Necromechanical Baroque que se définit le groupe lui même. Si l'explication peut prêter à sourire tant on se fait engloutir de manière générale de définitions pompeuses, ici la légende prend tout son sens.

DECOUVERTE DE LA RENTREE ! Plongez dans l'univers Baroque de MARA, 1er album des Islandais de CULT OF LILITH -

"Enter The Mancubus" retournera dans un univers très Death / Thrash technique avec des variations des tempi savamment placés par Kjartan Hardarson. Le titre est agressif avec des descentes de manche à tout va et l'on baigne dans une opposition de style, à savoir un univers Baroque futuriste qui nous emmènera sur "Atlas". L'intro est très cosmique, mystérieuse. Mario Infantes Avalos nous propose un chant clair des plus envoûtants qui pourrait nous rappeler l'ambiance de PLANET CARAVAN de BLACK SABBATH avant de partir dans un rythmique très syncopée couplée à des growls finement placés. Le titre est vraiment triomphal avec la rondeur de la basse fretless de Samuel Bodvarsson qui berce à merveille.

Mais nos 5 islandais n'en restent pas moins des guerriers, et c'est à grands coups de buttoir que "Comatose" arrive dans nos feuilles. Mais c'est sans compter sur une créativité riche d'influences Jazzy / Groovy que l'histoire nous est comptée, le tout à la sauce Viking évidemment. Le break swing bien avec un flow de Mario flirtant avec le raggamuffin avant de nous achever avec un Death bien agressif.

Mais si cela ne nous suffisait pas, "Profeta Paloma" repart en Death / Thrash baroque sur une rythmique ternaire. Tout y est : chants à l'unisson, breaks, growls, riffs efficaces. Le morceau est extrêmement complet avec des envolées de guitares. Mais la créativité de nos deux as du manche, Daniel Hannesson et Kristjan Juliusson, ne s'arrête pas la puisque c'est dans une ambiance Gipsy par laquelle on passe, avec la guitare de Reynir Hauksson, avant de se reprendre une rafale de Death Baroque. A ce moment très précis, on se rend à l'évidence que l'on a affaire à des cinglés créatifs. parce que si tous ces éléments mis ensemble peuvent paraitre saugrenus, rien n'y fait... C'est tout simplement magistral. Et ce n'est pas "Zangano" qui fera redescendre la température avec un Death efficace, riche de syncopes et toujours de descentes de manches qui rappelleront tout le long de l'album ce thème du Baroque.

Nos 5 Vikings nous quitteront sur les notes de "Le Soupir du Fantôme"..... Titre en français et c'est donc de manière naturelle que le chant est en.... italien, ou espagnol.... Difficile à dire pour moi tant mes connaissances linguistiques de ces 2 langues sont très limitées, et la question suscite le débat car sincèrement j'opterais pour de l'italien prononcé comme de l'espagnol.... Est ce que ce que je dis à du sens ? Je n'sais pas mais en tout cas serait raccord avec l'univers baroque. Mais qu'importe finalement, puisqu'il ne s'agit pas de français ni d'islandais. Et pour en revenir à l'essentiel, le titre démarre à la manière d'une pièce d'Opéra, très lyrique, mélancolique avant de dévier sur une ambiance très démoniaque avec des screams bien narquois couplés à l'atmosphère baroque. Encore un titre composé à merveille qui nous laissera sur une note de "Reviens y".

DECOUVERTE DE LA RENTREE ! Plongez dans l'univers Baroque de MARA, 1er album des Islandais de CULT OF LILITH -

A n'en point douter, je démarre une écoute sans rien attendre de particulier et je me retrouve avec une Pièce d'Opéra Islandaise me faisant voyager dans des univers forts de leur identité. Il n'y a que le génie et le talent qui peuvent accorder la Puissance Scandinave au Romantisme du Baroque, au Charme du Gipsy, à la Brutalité du Death Metal. Avec MARA, les Scandinaves de CULT OF LILITH ne galvaudent pas leur nom tant les multiples facettes de ce personnage complexe sont incarnées avec ferveur, malice et classe.

Sortie : 4 Septembre 2020 chez Metal Blade

Note : 9/10

 

Ozenof

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article