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Publié par PAPABORDG.

Chronique de l'album live de SEPTICFLESH : LA LEGENDE EST EN MARCHE !

L’imposante et grandiloquente stature des Grecs, n’est plus à démontrer ni à débattre (en tout cas pour moi). SEPTIC FLESH fut certainement l’un des précurseurs (avec les Suédois de THERION) du concept de l’improbable mariage entre le classique et le metal (extrême pour nos héros du jour). Une première partie de carrière déjà fantastique qui vu le paroxysme de la beauté artistique atteint sur le SUBLIME CHEF D’ŒUVRE que fut SUMERIAN DAEMONS (2003), mais qui malheureusement scella aussi la séparation du band. Tel l’oiseau de feu (le phénix), SEPTICFLESH (désormais en un seul mot), après s’être consumé dans les flammes de l’enfer, renaîtra de ses cendres sur ses terres chaudes comme la braise à l’occasion d’un festival (en Grèce, avec ORPHANED LAND en 2007) désormais devenu légendaire. Naquit COMMUNION (2008), plus grandiose que jamais (l’un de mes préférés), produit par FREDRIK NORDSTROM aux FREDMAN STUDIOS en SUEDE, accompagnés d'un orchestre de quatre-vingt musiciens et trente-cinq choristes, les maîtres Grecs du DEATH METAL SYMPHONIQUE étaient prêts à reconquérir le monde, pour s’assoir définitivement sur un trône qui ne pourrait plus jamais leur échapper, la tête parée d’une des plus belles couronnes d’or et de diamants.

Depuis, les superproductions de SEPTICFLESH THE GREAT MASS (2011), TITAN (2014), CODEX OMEGA (2017) sont aujourd’hui parmi les plus grandioses, imposantes et impressionnantes que la sphère metallique ait jamais engendré, et ce à tous les niveaux. Chaque œuvre d’art sombre des Grecs est désormais attendue avec excitation et fébrilité, tant elles sont capables de vous submerger littéralement. Aujourd’hui, enfin, le fantasme n’a plus raison d’être. Les aficionados de SEPTICFLESH attendaient tous ce moment unique et magique un jour prochain, une première performance scénique avec un véritable orchestre symphonique. Depuis son retour fracassant avec COMMUNION (2008), le groupe a pris l’habitude de composer ses nouvelles joutes sonores avec un orchestre et un cœur, le FILMHARMONIC ORCHESTRA et THE PRAGUE CHILDREN CHOIR. Toutefois ils ne purent jamais assouvir leur nouvelle vision artistique sur aucune scène du monde entier, quelle qu’elle soit, faute aux coûts logistiques énormes engendrés, et aux obligations de préparation titanesques. INFERNUS SINFONICA MMXIX répare cette offense faite au maître divin Grec.

Chronique de l'album live de SEPTICFLESH : LA LEGENDE EST EN MARCHE !

Enregistré en Février 2019, lors d'un concert à guichets fermés au METROPOLITAN THEATRE de MEXICO, SEPTICFLESH a joué ce soir-là auprès de cent musiciens issus de trois orchestres classiques. Le SYMPHONIC  EXPERIENCE ORCHESTRA, le ENHARMONIA VOCALIS CHOIR et le NATIONAL UNIVERSITY OF MEXICO  CHILDREN’S  AND YOUTH CHOIR. Ne nous méprenons pas, même si SEPTICFLESH délivre des compositions homériques sur ses disques, rien ne vaut la puissance magistrale d’un véritable orchestre symphonique capturée en live. De plus INFERNUS SINFONICA MMXIX marque la fin d’une collaboration très fructueuse avec le label SEASON OF MIST, avec une dernière sortie inédite, avant d’ouvrir un nouveau chapitre avec la colossale maison de production allemande NUCLEAR BLAST. Pour ce sublime enregistrement live, SEPTICFLESH s’est efforcé de ne rien oublier, ni négliger, un perfectionnisme que l’on retrouve dans les moindres petits détails. Evidemment on y retrouve le line-up habituel, avec une plus value importante, la présence du membre fondateur SOTIRIS VAYENAS nous gratifiant de son magnifique chant clair, et qui normalement ne participe jamais aux tournées de SEPTICFLESH. Un défi logistique monumental, une performance scénique redoutable d’envergure, de poids, extrêmement difficile à réaliser, même pour les monstres sacrés que sont les grecs.

Chronique de l'album live de SEPTICFLESH : LA LEGENDE EST EN MARCHE !

La liste des morceaux se concentre uniquement sur la deuxième partie de carrière du groupe, à savoir COMMUNION (2008), THE GREAT MASS (2011), TITAN (2014), et CODEX OMEGA (2017). Logique car ce sont les albums qui permirent à SEPTICFLESH d’être le phénomène qu’on lui reconnaît aujourd’hui, d’obtenir un succès planétaire, une renommée internationale, mais aussi ceux qui sont les plus connus du grand public à ce jour, sans oublier que les morceaux bénéficient tous déjà d’arrangements symphoniques grandioses (avec orchestre). Cependant ce formidable INFERNUS SINFONICA MMXIX nous permet de nous délecter de plus vieux titres (« Communion ») comme ceux de COMMUNION, dont la grandeur est encore rehaussée par l’énorme production. L’équilibre entre orchestre et groupe est parfaitement dosé, une vraie leçon de professionnalisme, même si les guitares ont moins de coffre qu’en studio (ce qui est normal), dû à la place prise par l’ampleur classique. Cependant, les morceaux gagnent tous en dramaturgie et intensité. INFERNUS SINFONICA MMXIX est introduit par une somptueuse « intro » (réalisée par l’orchestre) plongeant la foule aux cris hystériques dans une ambiance glauque, ténébreuse et occulte, si chère à nos amies « Hellènes ». Le son est hallucinant, tout est d’une clarté exceptionnelle, que ce soit les choeurs, les bois, les cordes, ou les cuivres tout est parfaitement audible. Démesuré, grandiose dans toute sa splendeur, lançant la météorite sonore qu’est « portrait of a headless man ». A l’écoute de INFERNUS SINFONICA MMXIX, il semble évident que SEPTICFLESH bénéficie du talent et de l’expérience indéniable de compositeur classique de CHRISTOS ANTONIOU comme sur le massif et dynamique « martyr ». Des accords acoustiques doux à consonances orientales, la folie s’emparant de SETH qui harangue le public (SPIROS est très démonstratif avec ses fans sud-américains) en leur demandant de joindre leur énergie à celle du groupe pour tout détruire en ce jour spécial pour SEPTICFLESH à MEXICO. Les riffs monstrueux et très denses ne faisant qu’un avec toute la subtilité des nuances de cordes de l’orchestre et ses imposants cuivres. Même les titres les plus violents et rapides comme « prototype », ou les plus entraînants comme « the pyramid god » (quelle ambiance) sont en parfaite osmose (symbiose) avec la symphonie mexicaine. Certains titres bénéficient même d’une belle cure de jouvence, notamment ceux de COMMUNION, « persepolis » avec son final digne d’une grande fresque hollywoodienne (l’émotion dingue générée par les harmonies guitaristiques et les choeurs grandiloquents) et le formidable « anubis » dont est ajouté des arrangements symphoniques supplémentaires et de nombreux choeurs décuplant la dimension épique et spectaculaire de la composition. INFERNUS SINFONICA MMXIX représente la quintessence absolue de l’art musical de SEPTICFLESH. il frôle la perfection, mais ne l’atteint pas, dû à quelques rarissimes moments moins cleans, plus confus comme sur le son de batterie (les blasts) et guitare de « the vampire from nazareth » à l’allure plus chaotique. De petites imperfections qu’on oublie  très très vite. L’autre petit bémol, est la trop grande exaltation scénique de SETH. Si il est vrai qu’il parvient aisément à entrer en COMMUNION avec son public, à lui transmettre sa fièvre religieuse et guerrière, il nous fait sortir à plusieurs reprises de l’atmosphère épique du concert en ressassant les mêmes gimmicks du showman metal ultime. Un détail qui pour l’auditeur peut légèrement lasser sur la longueur et donc altérer l’écoute prolongée de INFERNUS SINFONICA MMXIX. Mais ce qui ne peut en aucun cas entacher la superbe de ce prestigieux événement. Comme l’atteste le surpuissant « enemy of the truth », et son refrain dithyrambique, ou la fin majestueuse que nous propose le groupe avec le somptueux « dark art ». SEPTICFLESH est fait pour se livrer à de tels concerts, il a tout pour les assumer. INFERNUS SINFONICA MMXIX peut-être considéré comme un best of de luxe de la seconde période du groupe, mais il est bien plus que ça, bien plus. Il transcende le talent d’écriture et de composition hors-norme du quartette grec dans un lieu qui même si il apporte son lot d’imperfections, n’est pas habituel et surprend. Le vocabulaire artistique de SEPTICFLESH n’en est que plus puissant, et émotionnel. A quand une démonstration de leur génie en France, un 14 juillet sur le CHAMPS-DE- MARS, avec L’ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE, LE CHŒUR ET LA MAÎTRISE DE RADIO FRANCE, et la dame de fer (la TOUR EIFFEL) en toile de fond, l’idée est lancée..... SEPTICFLESH AVEC SON INFERNUS SINFONICA MMXIX rentre dans le panthéon des lives éternels et mythiques (comme ceux de ces dernières années de BEHEMOTH, LEPROUS, AVATAR, et très récemment TRIPTYKON)

LINE-UP: 
CHRISTOS ANTONIOU: GUITARE, CLAVIERS, PROGRAMMATION
SOTIRIS VAYENAS (AKA SOTIRIS ANNUNAKI V.): CHANT, GUITARE, CLAVIERS
KERIM « KRIMH » LECHNER: BATTERIE
SPIROS ANTONIOU (AKA SETH SIRO ANTON): CHANT, BASSE

PSYCHON - GUITARES LIVE

Tracklist :

01. Intro
02. Portrait Of A Headless Man
03. Martyr
04. Prototype
05. The Pyramid God
06. The Enemy Of Truth
07. Communion
08. The Vampire From Nazareth
09. Dogma Of Prometheus
10. Lovecraft’s Death
11. Dante’s Inferno
12. Persepolis
13. A Great Mass Of Death
14. Anubis
15. Dark Art

PAPABORDG POUR LOUD TV (CHRONIQUE DEDIEE A MON POTE JOHN CORRESTAN DE LOUD TV TEAM).

NOTE: 9,5/10.