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Publié par À.J.W

Chronique du nouvel album de THYRANT : The Descent of the Soul / KATABASIS

“L'étroite voie de notre ciel propre passe toujours par la volupté de notre propre enfer.”
Friedrich Nietzsche

THYRANT revient avec un second album aux influences variées, sous le nom de "Katabasis".
Avant d'aller plus loin, voici une présentation du groupe. L'histoire de Thyrant s'étend sur une vingtaine d'années dans la scène métal locale de Málaga, où il fait bon siroter une MISTELLE D’ARRIATE, après une grosse session de répétition entre poto. Jouant dans des formations différentes, le groupe se réunit finalement et commence à jammer et fait éclore des idées en 2015, avec pour tous la même ligne directrice, l'amour et la passion pour le métal sous toutes ses coutures. Une diversité qui est clairement mise en évidence dans le premier album en  2017 "What We Left Behind", et se poursuit en 2020 avec "Katabasis", malgré la séparation de leur chanteur.
L’album a été enregistré, produit et mixé au studio Artesonao Studio par Martin Furia. Il a été masterisé par Dan Swanö au studio Unisound.
Pour les novices Dan Swanö c'est Edge Of Sanity, Nightingale, multi-instrumentistes, jouant tous les instruments (guitare, basse, batterie, claviers, synthés, et produisant tous les travaux vocaux sous sa plus grande palette) et producteur de renom, spécialisé dans le Death Metal, le Prog entre autres. 

 

 

Nous vous proposons maintenant une observation ou contemplation pour les plus poétiques de la descente de l'âme. Une descente dans la grotte de l'initiation et de la connaissance secrète.
"Face The Tyrant", ouvre la brèche sous un Doom Death lourd, puissant, Dark, comme l'annonce le titre de l'album. Un chant que domine Ocram au travers un Growl suintant un état semi-psychotique. Le chant clair vient se poser surfant sur les influences de Alice in Chains période Dirt, recréant parfaitement l'angoisse, l'interrogation de son moi. J. Mérida et Miguel Navarro extirpent de leurs guitares, des riffs d'une lourdeur massacrante, illustrant parfaitement cette oeuvre de 8 minutes 40, pendant que le bassiste Rubens Oliver et son accolyte Miguel Vegas, s'accordent pour enfoncer le titre au plus profond des entrailles pour le faire ensuite remonter vers la lumière. Héraclite a indiqué que la descente et l'ascension sont les mêmes, Thyrant en a compris les rouages avec ce premier titre.

Construction efficace pour le second titre "Dunes Of Desolation". rythmique Death Metal, qui rentre dedans, rapide, agressive. Le growl de Ocram se fait entendre puissant, apportant une touche de férocité au morceau qui castagne déjà ce qu'il faut. Superbement efficace et en parfaite adéquation avec le concept de l'album, à savoir l'histoire d'une personne qui traverse des moments difficiles et qui va se confronter pour apprendre et se comprendre.

Inquiétante boucle acoustique ambiante, pour ce titre de 2 minutes 49. "Chapter 1 Shipwreck" tient sa promesse, traduit en Français par le Naufrage. Le Moi, puisque "Katabasis" est le concept de cette histoire. Le moi a toujours été présenté comme un problème "abyssal", comme il l'était aussi pour les anciens : le moi est un dilemme à résoudre face aux risques de regarder dans les profondeurs, de s'exposer aux risques et de passer à autre chose, éventuellement à l'acceptation... Thyrant nous emmènent de plus en plus loin des rivages. Dan Swanö est derrière et ça se sent.

Dérivant dans les dissonances de cette traversée sombre et mélancolique, "Black Ocean" déroule un Doom/Death parfaitement maitrisé de 8 minutes 24. Se mêlent des sonorités Prog, apportant une colorimétrie intéressante et un style propre. Il n'est pas évident de trouver sa place quand la palette est trop importante. Il faut une étiquette, Thyrant n'en a pas et le prouve avec "Black Ocean". Cette composition qui se veut percutante n'empêche pas l'auditeur d'être assaillis par une avalanche de riffs, de lignes de basse et de voix abyssale, avant de se terminer par une note de basse calmes, posée. 

"Ephemeral Lighthouse", attaque directement sur un Black/Death rapide, prenant un groove plus lent, tout aussi puissant. Passage ambiant au milieu du titre soit à 4 minutes 30. Thyrant a peaufiné son concept et le maitrise parfaitement. C'est carré, c'est posé, les voix du tréfond sortent comme les fantômes des âmes perdues du Styx. Le morceau prend des dimensions mélodiques, pour repartir sur ce qui est fait au début un Black Haineux, rapide, court. C'est magistralement exécuté
Instrumental de 4 minutes et des poussières d'âmes pour "Chapter III : Descent" L'accomplissement du Soi est une entreprise de toute une vie impliquant des confrontations ou des engagements pour dissoudre les éléments de projection qui divisent le Soit en fragments dissociés. "Chapter III : Descent" propose un cycle, une boucle sans fin ou presque...

 

 

Vous avez déjà pris un acide et partir dans un road trip psychédélique, tutoyer Jim Morrisson et autres acteurs de la psyché rock sous LSD ? Laisser en place ce mouvement caractérisé par une construction rythmique hypnotique, des mélodies répétitives et pénétrantes durant 2 minutes 10, qui en soit ne sont pas si longues, mais peuvent vous faire partir loin très loin là où le temps reste suspendu. Voilà ce qui se passe avec le titre qui  clôture "Katabasis". 2 minutes 10 de rock psyché pour partir sur une ambiance fracturée dés 2 minutes 11, Doomy, Stone, Death, c'est vraiment EXCELLENT. Voyage initiatique qui clos le chapitre sur ce que le groupe aime c'est-à-dire La MUSIQUE. Prendre l'essence de ce qui se fait et construire son style autour. Mais quel bijou que ce "Katabasis/Chapter IV : Catharsis". Véritable monument d'architecture sonore Death/Black/Doom/Prog...Ce trauma structurant fait jaillir une étincelle, étincelle de lucidité dans cette quête de soit. 
 

Très belle réussite pour ce second album. Une production très propre, une forte identité parmi la palette que comporte Thyrant. "Katabasis" se veut nettement plus mature que son prédécesseur "What We Left Behind", une réussite. 18/20. Mention spéciale également à la direction artistique pour l'artwork signé La Luna En Un Hilo.

 

Pour Soutenir le groupe c'est là  https://thyrant.bandcamp.com/

Pour Suivre le groupe c'est là  https://www.facebook.com/thyrantband/

Pour découvrir le studio La Luna En Un Hilo c'est là  www.etsy.com/shop/Lalunaenunhilo

Chronique du nouvel album de THYRANT : The Descent of the Soul / KATABASIS