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Publié par Ash le Gitan du Metal

INCANTATION, dans l'antichambre de l'enfer. Chronique de 'Sect of Vile Divinities'

“Satan a séduit le pape en lui offrant le pouvoir...”
Vassili Vassilievitch Rozanov

La sortie d’un grand groupe de Death Metal, tel que INCANTATION suscite une forme d’excitation, voire d’un orgasme malsain uniquement disponible sur un Pornhub/Doomy du Darknet.

Les Maniaks de Pennsylvanie, formés en 1989 par John McEntee & Paul Ledney, nous servent en ces temps obscures, une galette qui s’annonce l’être tout autant. Son titre me demandez-vous ? "Sect Of Viles Divinities". Je pense que la question est vite répondue quant à l’atmosphère qui semble s’en dégager.

Mais avant de détailler celui-ci, Professeur Ash le Gitan du Metal, te propose un cours d’histoire disponible dans tous les manuels Loudiens (école spécialisée dans les reviews sur des groupes de musiques métalliques, ainsi que sur les caravanes mon cousin).

 

INCANTATION c’est 30 ans d’existence, l'une des premières signatures du label Relapse Records, avec qui ils ont sorti leur premier sept pouces et autres albums. Le groupe a connu de nombreux changements de line-up au cours de son histoire et le guitariste John McEntee est le seul membre d'origine, a l’heure actuelle.

À ce jour, ils ont sorti douze albums studio  ainsi qu'une série de maxis, de split releases, de compilations et d'albums live. Ce qui définit la musique d' INCANTATION ? Un Death/Doom Oldschool qui marquera une époque au même titre que Suffocation, Entombed, Death, etc. Le Line-Up est composé de John McEntee à la guitare & chant, Sonny Lombardozzy au poste de lead guitare, Kyle Severn à la batterie ‘(présent depuis l’excellent album Diabolical Conquest), Chuck Sherwood à la basse et aussi Champion de tir à l’arc... c'est faux c'était une blagounette potache (La forêt de Sherwood, tu suis rien ! ce n’est pas possible, révise tes classiques, Robin des bois bordel !!!).

 

Douzième album studio donc pour cette rentrée 2020, composé 12 titres, un peu plus de 45 minutes, sorti le 21 Aout sur Relapse Records, c’est Noël avant l’heure mes raclos. Rentrons vite dans le vif du sujet avec cet album produit par l'inénarrable DAN SWANÖ !

 

 

Vous avez déjà pris une patate de forain pendant une chicane ? Des coups de souliers mon rabouin qui s’essuient sur ton visage ? Non ? Tu loupes un grand moment, qui va vite prendre son sens à l’écoute de «Ritual Impurity Seven Of The Sky Is One». Rythme écrasant, Death poisseux qui tabasse, Sonny Lombardozzy nous sort un solo bien plaqué, conforme à la marque de fabrique de «Trey Azagthoth», 3 minutes 35 secondes, ça démarre fort.

Jésus-Christ glisse sur la barque de Charon le nocher des enfers, sur les eaux noires et glacées de Drako-Nero avec ce second titre «Propititation». Influence Doom/Death dont la moitié du titre est uniquement instrumentale. La seconde partie accentue ce coté miasmatique, étouffant. «INCANTATION» ne perd rien de sa puissance infernale.

Batterie dévastatrice menée par Kyle Severn pour l’entrée en matière de «Entrails Of The Hag Queen». Lilith nous laisse parcourir son antre et a fait de John McEntee notre guide. Le titre s’enfonce de plus en plus sur un tempo ralenti, au son caverneux, un excellent retour aux années 90.

Inquiétante ambiance, pour les 25 premières secondes de «Guardians from the primeval» qui va vite partir sur du bon gros son taillé pour un pit avec Satan. Les solos thrashies aux vibratos sont efficaces, 2 minutes 21 secondes qui laisse un je m’en remettrai bien une couche.

 

Riffs bien lourds dont John McEntee se fait maître depuis un moment, sur le titre «Black Fathoms Fire», la composition est solidement ancrée, et n’est pas sans rappeler le groupe «NILE».

 

Litanie mélancolique et mélodique pour «Ignis Fatuus», très très lourde ambiance, par le biais de Chuck Sherwood à la basse, riffs dissonants sont également au rendez-vous. Ce qui fait de ce titre un interlude. Titre étrange en latin me direz vous ? Cette chanson est basée sur le concept du feu follet, qui est une manifestation lumineuse ayant l'apparence d'une petite flamme.

D'ailleurs, toutes les paroles de l'album ont pour sujet les éléments fantastiques comme vous pouvez le voir sur la pochette de l'album, nous y reviendrons ...

 

Percutant est l’adjectif qui se doit pour «Chant Of Formless Dread», riffs propres et déchiquetés, forment la brutalité caractéristique de INCANTATION.

«Shadow-Blade Masters of Tempest» cimente l’ADN du groupe par sa composition Brutal Death/Doom qui ont fait leur réputation. Un excellent morceau taillé avec un chant vraiment Evil et d’une puissance que seuls les vrais Maniaks retrouveront.

«Shadow-Blade Masters of Tempest» cimente l’ADN du groupe par sa composition Brutal Death/Doom

Intro funeral doom pour «Scribes of the Stygian», le titre est dans la même veine que «Ignis Fatuus». Nous aurions préféré sans doute quelque chose de plus puissant, faisant suite au précèdent titre, mais il fera office d’interlude pour accueillir le suintant «Unborn Ambrosia». La guitare et le chant de McEntee conservent l’héritage et l’identité d’INCANTATION, accompagné par la performance toujours constante de son compagnon batteur Kyle Severn.

 

La symbiose entre McEntee et Kyle est absolue leur travail, toujours au profit de l’ambiance, est à la fois essentielle et indispensable, assurant fermement l’identité abyssale du groupe.

Brisage de nuque pour «Fury’s Manifesto», blastant çà et là, histoire de percuter ta face de raclo contre un rocher bien épais en granit rose Breton. Ce titre abrasif remet les pendules à l’heure et nous sors peu à peu de cette léthargie doomy, enchainant sur le dernier titre «Siege Hive».

Cassage de rate Groovy, Up tempo qui manquait tant pour faire de cet album un bijou, larsens tranchants les veines avec une certaine malice, "Siege Hive" est un véritable coup de genou dans les roustons pour conclure avec force cet opéra sinistre en 12 titres.

 

  

 

Alors ce dernier INCANTATION, bien ou bien ?

 

Pour ceux qui découvrent ce groupe, je ne peux que vous conseiller que de commencer par les deux derniers morceaux, afin de vous imprégner de ce que le Quatuor sait faire en matière de Death Metal. Il y a une double lecture avec ce groupe. Soit on aime, soit on déteste, il n’y a pas de juste milieu. Une fois les deux derniers titres passés, caler le disque sur les premières pistes, puis prenez la pochette dans vos mains et laissez vous guider dans ce naufrage abyssal.

 

Pour les Maniaks de la première heure, nous sommes sur un album meilleur que son prédécesseur «Profane Nexus» sorti en 2017. L'album contient toutes les particularités qui font la réputation du groupe à savoir la brutalité, ce Doom/Death si funèbre, dont ils ont le secret. Cet Album ne fera pas de lui l’album de leur carrière, mais en 30 ans de combat contre la religion chretienne «Sect of Vile Divinities» ne devrait pas décevoir les fans de longue date. 16/20.

 

Un mot sur l'artwork qui est l'oeuvre de Eliran Kantor. Vous avez probablement vu son travail. Il a réalisé plus d'une centaine de pochettes d'albums dont : LoudblastTestament, SoulflyHatebreed, Iced Earth...) et est devenu l'un des artistes visuels les plus respectés et les plus prolifiques du monde du Metal. Sa plus grande force est de présenter le bon visuel qui colle parfaitement à l'album. Pour Incantation, celui ci en a réalisé quelques-unes facilement reconnaissables. 

 

 

Pour découvrir son art : https://www.elirankantor.com/

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