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Publié par Ash le Grand Pope Mayennais en toge courte

Véritable orgie de riffs tranchants, de percus blasphématoires et de solos vertigineux.

Chronique du nouveau LOUDBLAST qui rédige son Manifeste et arrive à un point culminant dans son art !

Les hypocrites sont comme l’Etna sicilien qui crache des flammes de sa bouche tout en ayant de la neige à ses pieds : leurs bouches parlent chaudement, alors que le pieds avancent froidement.
Thomas Adams

La religion est remplie d'histoires et de secrets, source d'inspiration dans l'art, c'est aussi une destination touristique par excellence pour les compositions de divers groupes de musique sous toutes ses formes. Hôte de scandales et de controverses, l'Église catholique romaine et le lieu où la diplomatie pontificale est forte active. Ces dernières années, le plaidoyer en faveur des réfugiés et des migrants, la défense de la cause environnementale, la lutte contre le mariage pour tous et la dénonciation du capitalisme financier ont été les causes prioritaires promues par le souverain pontife. C'est aussi à cet endroit que nous retrouvons la Banque du Vatican, un mystérieux institut financier qui hébergerait fraude et criminalité. Nous pouvons alors sans doute parler d'hypocrisie religieuse et de corruption à la gouvernance. 

Pourquoi commencer ainsi cette chronique ? Car Ash le Grand Pope Mayennais en toge courte, va te parler du dernier album de Loudblast à savoir "Manifesto" qui sort Vendredi 27.11.2020 sur le label Listenable Records. Et cet album arrive dans un contexte particulier, avec une identité forte marquée dans ces textes qui m'ont fait vraiment echo à cette hypocrisie. Mais avant d'aller plus loin dans ce manifeste, penchons-nous sur un cours d'histoire que seuls les Vrais Maniaks qui connaissent les vestiges tirés d'une histoire à endormir les consciences peuvent comprendre. 

Photo de Famille : 

Alors ça calme un peu de lire "Your God is My Whore". La question est vite répondue quant au positionnement lexical. Donc comme je suis joueur, nous allons jouer au Qui est-ce, le célèbre jeu sorti en 1979, mais version où je suis : 

Il est batteur, joue au sein de Black Bomb A, porte des cheveux longs (déjà plus simple), porte un t-shirt noir (plus difficile) et a des bras tatoués qui font la taille de mes cuisses de poulet. Son nom est Hervé Coquerel

Il est bassiste depuis peu au sein de Loudblast, a claqué des lignes de basses au sein de Kreator pour le titre "666 World Divided", et il est né à Charleville-Mézières dans le célèbre camp de Gitans du bois d'amour (c'est pas vrai, mais c'était un chouette camp de ma famille). Son nom est Frédéric Leclercq.

Il vient de la région PACA (tu demanderas à Loick chroniqueur de LoudTV, pour la partie géographique), éleveur de cigales à ses heures perdues, il a les cheveux longs, guitariste au sein de Loudblast depuis 2017, officie au sein d'Angher également, son nom Jérôme Point-Canovas.

Il vient de Lille, à 52 ans (le 13 Décembre il en aura 53), chanteur, growleur, guitariste, porte un t-shirt (qu'il va m'offrir d'ailleurs) où il est inscrit "Your God is My Whore". Ses cheveux sont tombés, car il headbangue depuis 1985 au sein de Loudblast, depuis 2009 au sein du Bal des enragés et Sinsaenum depuis 2016. Son nom Voldemort...pardon je voulais dire Maître Stéphane Buriez.

Il en manque un à l'appel, nous ne le voyons que très peu malheureusement, mais je me dois de lui rendre un hommage tellement ce mec est un génie du son. Lui, ce n'est pas la lampe que j'ai envie d'astiquer à chaque fois que j'écoute un disque sur lequel il a collé sa patte. IL est le patron du Vamacara Studios à Clisson (célèbre pour ses partouzes médiévales tous les étés hors période de Covid et autres décisions proches d'une masquerade gouverneMentalement à interner). Il se nomme Herr Krauss (HK pour les intimes). Les présentations sont faites. 

Loudblast c'est 35 années de carrière, 8 albums avec "Manifesto". 3 lives dont celui qui m'a fait faire un arrêt cardiaque, qui passe minimum 3 fois chez moi "The Time Keeper". Cette claque de manouche en culotte courte que j'ai prise. Rien que la pochette est folle. Mon CD se retrouve chez mon pote Erwann depuis 1997 mais je suis heureux que lui aussi ai trouvé la voix de la raison grâce à cet album live, donc Wanny le surfer c'est cadeau.

Bon je passe cette partie-là d'histoire de Loudblast, car depuis 1985, il me faudrait 2 mois de rédaction et comme le dis HK"avoir du temps dans un studio c'est important" mais là, je n'en ai plus, car mon boss est l'incarnation de Kim Jung 2 et je croule sous le boulot (je ne suis pas loin d'une burne out). Donc "Manifesto" sort le 27 Novembre 2020, se présente dans un écrin magnifique à l'artwork réalisé par Eliran Kantor. La structure de cet album s'articule autour de 10 titres et mes rabouins de vos morts, m'en vais les dérouler. 

Allumage des enceintes, table de mixage, je cale le son sur 15 humhum, ça va claquer je le sens bien...Play.

Les pulsions dites "instinctuelles", ça vous parle ? Si ce n'est pas le cas, je vous invite à comprendre ce mécanisme d'autodestruction. "Todestrieb" en fait référence et annonce très clairement ce qui se passe sur ces pulsions de vie et de mort. Cavalier de l'apocalypse, Stéphane Buriez sauce le monde avec ces lyrics rageux. Le travail de Frédéric Leclercq est juste hallucinant. Guerrier est l'adjectif qui me vient quant à son écoute, et ces voix souterraines totalement inquiétantes, te font comprendre que les maitres du Death/Trash Français sont loin d'être enterrés. 

"Relentless Horror" sert en 2 minutes 17 secondes une démonstration de riffs assassins, de blast'em all et te propose une chirurgie orthognatique pour le prix d'un album. Je ne suis pas sûr que tu puisses te faire rembourser par la sécurité sociale, mais en tout cas pour le prix, tu peux me croire mon pote, c'est cadeau. 3 eme titre qui me parcourt l'épiderme comme si la mort voulait ne faire qu'un avec moi. "Erasing Reality" est charnelle et érotique, un chef-d'œuvre dans la très longue liste de titres que compte le catalogue de Loudblast. Véritable orgie de riffs tranchants, de percus blasphématoires et de solos vertigineux.

 

Arrive le moment sentencieux avec "Promethean Fire", mélodie du chaos dans ce Mid-Tempo avec quelques accélérations bien ajustées. À cette architecture de juridiction s’ajoute la puissance dévastatrice de Buriez qui me fait penser à l'excellente période de Morbid Angel et son album "Covenant"

il n'y a pas à dire Loudblast arrive à un point culminant dans son art

Ce "Manifesto" brille de ce génie, réussir à capturer cette tourmente composée par l'ensemble du groupe

Grooves macabres, presque Black metal, similaires à ceux de leurs débuts. "Preaching Spiritual Infirmity" reprend les styles les plus complexes du death des années 90 et lui injecte l'adrénaline et la tourmente de nos réflexions sur ces années d'absurdités humaines. Avec "Invoking to Justify" Stéphane semble encore plus profond et noueux qu'il ne l'a été depuis un certain temps. L'ensemble apporte une performance technique et raffinée, il n'y a pas à dire Loudblast arrive à un point culminant dans son art, porté par HK, ce maitre, mastering du Chaos.

Théâtre Macabre, images cartoonesques avec ce Death Prog qui rappellera les dessins animés de la célèbre souris qui explique le Fordisme ainsi que l'utilité de l'être humain à produire, toujours produire, pour mieux se perdre et subir. "Festering Pyre" et "Into the Greatest of Unknowns" provoquent des images choquantes, si tu as un tant soit peu d'imagination et ses riffs électrisants t'attendront à chaque tournant. 

 

Mais les pourvoyeurs de ces arts sombres ne s'arrêtent pas là. "Solace in Hell" pénètre avec intérêt ton esprit, de plus en plus, la frontière entre ce qui est réel et ce qui est tout simplement dérangeant devient de plus en plus divisé à mesure que cette track avance. Victor Hugo écrit dans "les voix intérieures" : "Tout corps traîne son ombre et tout esprit son doute", pour clôturer son livre Victor aurait pu se mettre dans les cages à miel "Infamy Be To You".  Je me retrouve entraîné à la fois loin de et dans ce spectacle de souffrance, de calamité et de déclin. Ce titre m'enferme pour toujours dans ce cercueil de leurs propres histoires terrifiantes et enivrantes. Je ne connaitrai jamais le repos éternel. 

Alors bien ou bien ce 8 ème album de Loudblast "Manifesto" ?

Je pense que la question est vite répondue, cet album à mon sens est le plus abouti, le plus Dark de la discographie. HK et Stéphane ont réalisé un taff de dingue sur cet album ! Deux personnes me font vibrer dans ce qu'ils sortent et ce qu'ils font pour la scène Metal. Il y a Nico de chez Xenokorp & HK du Vamacara (à croire que les Nicolas sont des génies du mal). Ce "Manifesto" brille de ce génie, réussir à capturer cette tourmente composée par l'ensemble du groupe et produire une suite à la célèbre Tenture de l'apocalypse, c'est tout simplement incroyable. Les patrons du Death/Thrash Français ont sortis leur plus belle oeuvre. Dans mon Top 10 des albums Death de l'année !