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Publié par Emmanuelle Canalda

Coup d'essai, coup de maître pour ce 1er album de ce nouveau groupe de Death Metal américain, nouveau mais non pas moins aguerri, puisqu'il s'agit d'un supergroupe !
En effet, UMBRA VITAE n'est autre qu'un nouveau "side project" du chanteur Jacob Bannon, connu surtout comme hurleur dans le groupe de punk hardcore CONVERGE.

A découvrir !! UMBRA VITAE : Leur 1er album "Shadow Of life" est un coup de maître

Formé tout récemment en 2019, UMBRA VITAE (à prononcer "uhm-bruh vee-tie") signifie littéralement l'ombre de la vie, et quoi de plus cohérent pour ce 1er album de s'intituler à l'identique mais en anglais "Shadow Of Life", nom du 10ème et dernier track de l'album.

Avant d'en dire plus sur le projet et son essence même, je vous laisse découvrir le 2ème titre "Ethereal Emptiness" intronisé par "Decadence Dissolves", une intro de 43 secondes de calme sombre avant la tempête de ce "vide éthéré".


Ce titre entame sec, sans ménagement aucun, on part dans la rage directement avec une rapidité des notes et une technicité au service de la violence et de l'urgence exprimées.
Les variations de tempi y sont jubilatoires, passant de ces envolées techniques à des riffs bien lourds, nourris, bien gras même (à partir de 2:00 mn surtout) suivis d'une guitare plus tortueuse s'effaçant progressivement pour boucler ce méfait.

UMBRA VITAE est donc un quintet composé de : Jacob Bannon (CONVERGE, WEAR YOUR WOUNDS, BLOOD FROM THE SOUL) au chant, qui est sur ce projet, on l'a dit, le membre fondateur ;
Deux acolytes à la guitare et en seconde voix : Mike Mc Kenzie (THE RED CHORD, STOMACH EARTH, NIGHTKIN...) et Sean Martin (Ex-HATEBREED, WEAR YOUR WOUNDS...) ;
A la basse, Greg Weeks (WORMWOOD, THE RED CHORD...) et enfin, à la batterie, Jon Rice (SCORPION CHILD...) qui a joué de grands groupes en live tels que REVOCATION, BEHEMOTH, CEPHALIC CARNAGE...

Le quintet gagnant UMBRA VITAE

Le quintet gagnant UMBRA VITAE

Le nom Umbra Vitae est un hommage aux poèmes du même nom de l'écrivain allemand Georg Heym, dans lesquels il exprime la souffrance et le désespoir causés par la solitude de la vie urbaine, mort accidentellement à l'âge de 24 ans.

"After reading the piece from Heym, I immediately felt connected to it" a précisé Jacob Bannon, et de faire ensuite un lien entre l'émotion que peut véhiculer un poème et celle que peut transmettre la musique.


Lui et ses musiciens parlent de catharsis (du grec, purification de l'âme).

Georg Heym, "Umbra Vitae", 1912 (1ère publication et année du décès de l'auteur)

Georg Heym, "Umbra Vitae", 1912 (1ère publication et année du décès de l'auteur)

La motivation première des membres du projet est de faire du Death Metal et de sortir une musique différente de leurs projets respectifs, Sean Martin évoque le concernant un virage à 180°.


Et en effet, cet album incarne un esprit Death Metal teinté de hardcore et de deathcore, de par la substantifique moëlle des membres qui composent le groupe. 
Il n y a donc pas de rupture à proprement parlé avec leur style originel. 
Mike Mc Kenzie parle de "dark Death Metal spirit", j'ajouterais Death Metal poétique, car au-delà de l'emprunt expressionniste à Georg Heym, on y retrouve également les atmosphères contemplatives et lyriques de WEAR YOUR WOUNDS. 
Ce propos n'enlève en rien le caractère très agressif du projet.

Evidemment, certains accro du pur Death Metal regretteront peut-être ce mix Death Metal/Core, qui moi ne me décontenance pas et vient même me capter, excepté parfois au chant (mon bémol), pour lequel j'aurais préféré un chant plus caverneux, plus lourd et moins criard, et surtout un chant qui ne soit pas à l'identique des autres projets du chanteur.


Cependant, on est partiellement réconcilié sur ce point en retrouvant du growl plus tradi dans les interventions des secondes voix des guitaristes Martin et Mc Kenzie, présentes sans exception sur tous les titres.


La voix typée hardcore de Bannon (pur jus Converge) délivre en outre un message très agressif, exprimant la colère, la férocité et l'urgence. Elle reste saturée de bout en bout de l'album.
Personnage charismatique et artiste en parallèle, c'est d'ailleurs lui qui a réalisé l'artwork de l'album, ainsi que d'autres artworks pour SEPULTURA, AS I LAY DYING, MODERN LIFE IS WAR...

A découvrir !! UMBRA VITAE : Leur 1er album "Shadow Of life" est un coup de maître
A découvrir !! UMBRA VITAE : Leur 1er album "Shadow Of life" est un coup de maître
A découvrir !! UMBRA VITAE : Leur 1er album "Shadow Of life" est un coup de maître

Ces secondes voix, évoquées ci-avant, ouvrent un bal démoniaque dans le 5ème titre "Fear Is A Fossil" qui initie d'entrée de jeu un chorus des plus accrocheurs, avec des growls féroces et hyper profonds. 

Ce track, et on ne s'en plaint pas, est un des plus "bourrins" et basiques de l'album, avec un son bien lourd, adipeux même, et avec ce refrain "fear is a fossil" qui nous embauche dans une tentative de growl, tel un Chirac scandant les noms des footballeux français au Mondial 98 (on sait...mais on sait pas...).
"Tiens voilà du bourrin, voilà du bourrin, voil..." OK j'arrête ! Go, c'est dessous !

"Return To Zero", à l'instar de "Fear Is A Fossil" "bourrine" bien aussi mais en plus incisif, plus rapide et plus technique. D'entrée de jeu, il nous plaque au mur.
C'est probablement le morceau le plus riffé de l'album, avec des riffs à la MORBID ANGEL qui avec le jeu de la basse amènent un son un peu plus groovy. 
Le titre est aussi moins linéaire, délivrant de courts breaks maousses costauds, bien structurés et bien "timés".
La batterie (Attention Travaux !) y est démentielle, dès le commencement elle agit comme un marteau-piqueur et amène une intensité "insane".
Dans "Mantra Of Madness", elle opère à l'identique un matraquage de folie et en est presque inhumaine. On entend sur ce titre des riffs un peu plus traditionnels et une nouvelle fois un peu groovy, qui ne sont pas sans rappeler certains passages Obituaryens.
"Blood Blossom", track au titre poétique et exprimant la tristesse, est également très lourd mais dans un esprit plus hardcore.

Cette tristesse et mélancolie est exprimée avec rage dans le tout dernier titre éponyme "Shadow Of life", avec un texte introspectif, très intimiste, exprimant la bataille entre l'obscurité et la lumière que peut se livrer tout un chacun. 
Bannon lui-même, précise qu'il s'agit de ses propres luttes.
On apprécie les accélérations rythmiques effrénées et l'ajout de cris hyper glaçants et angoissants en ouverture et en fermeture du morceau, des cris féminins stridents et d'autres complètement inhumains. Je vous invite à grincer des dents ci-dessous.

L'album "Shadow Of Life" d'UMBRA VITAE dans son ensemble est un très bon album, très bien produit. Il ne tape pas dans le registre de l'originalité mais ce qu'il fait, il le fait très bien.
Parfaitement homogène, cela n'empêche pas à mon sens des titres un peu en dessous, comme "Polluted paradise" ou "Intimate Inferno" (malgré son petit côté IMMOLATION).

Pour les autres titres, en revanche, c'est quand même "la guerre mon Colonel" (John Rambo à Samuel Trautman, oct. 2020) : violence, puissance, noirceur, rage... servies par une grande maestria des musiciens et du chanteur.
Combien de fois on a cette impression qu'on va être projeté tant ça envoie du lourd, et même si je ne suis pas très adepte de ce chant hardcore, il contribue fortement à l'énergie démentielle (et je pèse mes mots) qu'il y a dans de nombreux passages.

Malgré tous ces légers bémols et pour toutes ces bonnes raisons évoquées, je persiste à dire que cet album, pour un coup d'essai est un coup de maître !


Mais...mais....mais..., et ce sera le petit "bouh" de la fin, on regrette la durée des morceaux qui, excepté le dernier, tournent autour de 2-3 mn et délivrent un album d'une durée totale de 26:06 mn, c'est donc un peu light.
Bon, la raclée est un peu courte mais elle fait mal ! Ci-dessous, le full album d'UMBRA VITAE : "Shadow Of Life". On se prépare un peu et on dérouille !


Metallement vôtre.

Album enregistré et mixé par Kurt Ballou aux God City Studios. Guitares et basse enregistrées par Mc Kenzie à The Black Coast. Masterisé par Brad Boatright à Autosiège.

Tracklist :
1.   Decadence Dissolves
2.   Ethereal Emptiness
3.   Atheist Aesthetic
4.   Mantra Of Madness
5.   Fear Is A Fossil
6.   Polluted Paradise
7.   Intimate Inferno
8.   Return To Zero
9.   Blood Blossom
10. Shadow Of Life