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Publié par Emmanuelle Canalda

Prika Amaral, Mia Wallace, Diva Satanica, Eleni Nota

Prika Amaral, Mia Wallace, Diva Satanica, Eleni Nota

En mode "revival", le quartet féminin de Thrash Metal NERVOSA vient d'enregistrer son 4ème album studio "Perpetual Chaos", dont la sortie est programmée au 22 janvier 2021.
Le "all female band" d'origine brésilienne met définitivement un grand coup de pied aux idées préconçues qu'il pourrait s'agir d'un groupe basé sur ses attributs et non sur ses capacités musicales.
Il n'en est rien, et il suffit de visionner quelques prestations lives disponibles (parmi une liste de plus de 300 en moins de 10 ans, oui ça calme...) et d'écouter les albums précédents ainsi que ce petit nouveau "Perpetual Chaos" qui enfonce bien le clou de la légitimité.
 

NERVOSA, "Perpetual Chaos" - Napalm Records

NERVOSA, "Perpetual Chaos" - Napalm Records

Pourquoi je dis "groupe d'origine brésilienne" et non pas groupe brésilien ? Car le nouveau line up n'a du Brésil que Prika Amaral, membre fondateur originaire de São Paulo.
NERVOSA trouve en effet son ancrage au Brésil, berceau de grands groupes Métal tels que SEPULTURA, SOULFLY, KILLER BE KILLED (en partie), KRISIUN, SARCOFAGO, VIOLATOR...s'il est besoin de les citer.
Fondé en 2010 par Prika Amaral (guitare) et Fernanda Terra (batterie), NERVOSA fait donc peau neuve pour cet album, laissant la charismatique Fernanda Lira (basse et chant) à son nouveau projet CRYPTA depuis 2019 et accueillant 3 nouvelles furieuses : Diva Satanica (Espagne) au chant (BLOODHUNTER), Mia Wallace (Italie) à la basse (ex ABBATH) et Eleni Nota (Grèce) à la batterie.

Prika Amaral dans une interview pour Loud Tv (12/01) qualifie ce changement de "new energy".
Elle y précise également : "NERVOSA is a female word for angry girls", à savoir, un groupe totalement féminin et voué à le rester.
 

L'album "Perpetual Chaos" nous offre 13 titres, des compositions relativement courtes qui claquent les unes derrière les autres en 44 minutes.
Le son NERVOSA reste inchangé, le style toujours dans la tradition Thrash, façon années 80 outre-Rhin (DESTRUCTION, SODOM, KREATOR...) ou encore outre-Atlantique (SLAYER, DARK ANGEL...).
Le groupe nous livre un Thrash retro, traditionnel, tout en y mélangeant une sauce Death Metal, et ce, depuis le 1er album "Victim Of Yourself" (2014), une tendance qui semble s'accentuer avec les années.
Pour autant, on ne navigue pas dans un copier-coller passéiste mais plutôt dans un ensemble d'influences indéniables restitué avec authenticité :

"I'm always looking for a sound that represents me" ... "I'm an old school person" (Prika Amaral, Interview Loud Tv, 12/01/2021).

Le slayeresque "Guided By Evil" vient confirmer cette idée dès les 1ers riffs. Sombre et frontal à la fois, c'est d'ailleurs le titre qui a été choisi pour présenter l'album.
Que ce soit avec Fernanda Lira ou aujourd'hui avec Diva Satanica, les voix NERVOSA sont monstrueusement efficaces, et me rappellent parfois Chuck Schuldiner (DEATH).
La voix de Diva Satanica sonne plus Death et remplace celle de Fernanda Lira avec brio.
Avec la signification du titre "Guided By Evil", elle semble d'autant plus nous arriver des Enfers.
 

Excellent titre, "Guided By Evil" mériterait même d'être un peu plus long. Il est introduit par le rugueux "Venomous" sur lequel on peut d'entrée apprécier le jeu de batterie bien plombé d'Eleni Nota et le riffing cavaleur de Prika.

"People Of The Abyss", nous ramène à nouveau vers des sons à la SLAYER et VADER, démontrant une rythmique lourde et solide et une composition basique qui bourrine, agrémentée d'un solo guitare discret et mélodique malgré la brutalité du morceau. 

L'éponyme "Perpetual Chaos" est probablement un des plus groovy de l'opus, il est gras, dynamique et heavy. 
Le titre "chaos perpetuel" porte à lui seul la thématique de l'album et de la discographie NERVOSA en général : à savoir, les turbulences du monde que l'on traverse, la critique sociétale, la violence, l'agitation politique...des textes basiques qui se détachent des clichés occultistes du genre.
Non, NERVOSA ne mange pas des crêpes au sang au petit déjeuner, mais les codes et l'imagerie Métal y sont malgré tout bien présents, comme on peut le voir avec cet artwork necro-photogénique de l'illustrateur britannique Abrar Ajmal.

"Until The Very End" est brut de décoffrage avec des riffs parfaitement exécutés, tantôt rapides, tantôt épais et gras et des soli dans la tradition retro Thrash.

Ouvrant le rideau sur un cri primal de Schmier de DESTRUCTION (mentor de PRIKA), à la sauce Tom Araya, "Genocidal Command" est bien ancré Thrash.
Jamais en voix claire, la voix de Diva Satanica se détache des autres groupes de Métal féminins et reste spectrale tout au long de l'album, avec des variations sporadiques bienvenues comme dans "King of Domination" ou "Godless Prisoner".
Précisons que l'écriture des lignes de chant et des textes est partagée 50/50 entre Prika et Diva, et que Prika est à la composition dans son "home studio" (comme elle l'a indiqué en interview).

DESTRUCTION et NERVOSA ont d'ailleurs le même producteur, Martin Furia (EVIL INVADERS, SISTERS OF SUFFOCATION, FLOTSAM AND JETSAM avec qui NERVOSA a partagé des affiches). L'album a d'ailleurs été enregistré en Espagne à Marbella, dans un endroit de rêve où le groupe complet a pu se consacrer entièrement à l'enregistrement malgré la pression sur ses épaules.
Complice de scène, Eric A.K. (FLOTSAM AND JETSAM) co-scande le 11ème titre "Rebel Soul", titre "rentre-dedans" des plus "classiques" du genre, tout en old school attitude.

Le punchy "Time To Fight" vient réveiller notre côté keupon, titre le plus punky du skeud et le plus court (2:33 mn), on est dans la vitalité brute, l'urgence et l'efficacité, à l'instar de "Cyberwar" de l'album "Agony" (2016). Et là, on mesure combien on aimerait entendre un peu plus la basse de Mia Wallace, constat que je fais sur de nombreux morceaux.
Heureusement elle est plus audible sur un titre comme "Blood Eagle" et largement plus affirmée sur "Pursued By Judgement" ou le féroce et effréné "Under Ruins", dernier track de l'album, fraîchement clippé :
 

Globalement, il n' y a pas de titre faible sur cet album qui déroule un ensemble légèrement linéaire, sans que ne jaillisse vraiment un titre précis, excepté peut-être "Guided By Evils" qui semble être leur "tube" et qui déboîte à l'instar du single "Kill The Silence" sorti en 2018, qui sonne lourd et incarne bien le son NERVOSA.

Avec "Perpetual Chaos", NERVOSA livre un projet solide, de plus en plus brutal et orienté Death old school, sans en perdre son groove, un projet basique (sans la connotation péjorative du mot).
On est sur les fondamentaux, en cela le concept n'est pas des plus originaux certes, mais sans la prétention visiblement de réinventer un genre mais plutôt d'en être un vecteur sincère et authentique.

Le nouveau line up ne va pas déstabiliser les fans de la première heure, il fonctionne très bien, la partie basse méritant un peu plus de place.
L'oeuvre entière peut s'adresser autant aux thrashers qu'à un public Death Metal ou tout au moins ouvert d'esprit.

Pas fan du tout du Métal porté par des femmes en général (je le confesse) et de la "femelle braillarde" comme j'aime à le dire, je dois avouer que NERVOSA a su capter mon oreille et me faire adhérer à sa musique, à un point que je caresse la perspective de les voir livrer tout ça en live, dans un monde où le "perpetual chaos" ferait un arrêt et nous permettrait de revivre l'effervescence d'un vrai concert...


Métallement vôtre.
 

Le 16/07/2021 à Londres : Reprogrammé ! To be continued...

Le 16/07/2021 à Londres : Reprogrammé ! To be continued...

"Perpetual Chaos", Napalm Records.

Tracklist :

01. Venomous, 
02. Guided By Evil, 
03. People Of The Abyss, 
04. Perpetual Chaos, 
05. Until The Very End, 
06. Genocidal Command, 
07. Kings Of Domination, 
08. Time To Fight, 
09. Godless Prisoner, 
10. Blood Eagle, 
11. Rebel Soul, 
12. Pursued By Judgement, 
13. Under Ruins

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