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Publié par Ash stéroash

Chronique de HUSH : To bi or not to bi ? That's the fuckin question !

Ce monde est un code binaire où nous avons seulement deux options : accepter ou refuser.
Ardit Beqiri

08 Janvier 2021 en Islande, plus précisément à Akureyri, seconde cité de la terre de feu et de glace, une personne sort son troisième album, avec en toile de fond des thématiques fortes qui s'adressent à toutes et tous, tout âge confondus. 

Dimanche 10 Janvier 2021, sur M6 est diffusé une enquête sur un nouveau genre, enfin pas si nouveau que ça, sur la génération Z (oui oui tu as bien lu, la chaine qui a diffusé les premiers pas de Loana, Afida Turner et autres émissions pour végétaux humains). 

Moi aussi je pensais que c'était la génération qui nous sauverait de la fin du monde, car tout sera parti en cacahuète à cause d'un virus bien pété sorti d'un laboratoire dans lequel on élève des pangolins sous Veran(das) qui écouteraient des musiques avec pour instrument des Castagnex ou castagnettes si tu préfères (quoiqu'il arrive ça nous les brises...Bref). Mais il n'en est rien, rien à voir avec des zombies et autres pensées uniques...Quoique.

Donc, pour en revenir à notre émission, qu'est-ce que la génération Z ? Et surtout quel est le rapport avec un Zine de Metal ? Pour répondre à ta question jeune metalleux au look androgyne, Ash le professeur de "il était une fois la vie", va te donner un cours dont seuls les nouvelles générations peuvent comprendre les subtilités. 

Génération Z,  « Ce n’est pas parce que j’ai un pénis que je dois m’habiller comme un garçon et ce n’est pas parce que je me maquille que je ne serai pas un jour papa », titre un ou une des personnes de cette enquête. Voilà tout est dit, A-genre est donc pour résumé, une bisexualité psychique, l'envie d'être neutre, de se sentir libre, d'aimer un homme, une femme, la vie, n'appartenir à aucune étiquette. Et c'est ce que j'ai découvert, non pas au travers de ce reportage que je n'ai pas vu, mais au travers d'une galette d'un A-genre ou non binaire, sorti en indé dans cette contrée froide dans laquelle on y trouve les origines de la Terre, la fin de l’Univers, les métamorphoses des volcans, les cauchemars de la nature et de l’homme, l’Hadès, les abysses, les miracles de l’eau et du feu mais surtout HUSH

Hush c'est donc depuis 2019 le projet d'une seule et même personne, sous le nom de Elia Karma Daniels, Chanteuse/Chanteur, multi-instrumentiste qui compte à son actif 3 ep, et 3 albums. Les thèmes abordés sont le sexisme, l'homophobie, le racisme...Il est très difficile de rentrer en contact avec cette personne, mais Ash fait partie des gens qui se trouvent au milieu d'une plaine de montagnes et se fixe de gravir celles-ci, peu importe le moyen. A l'heure où je rédige cette chronique (nous sommes le 12/01/2020, il est 00:16) je viens de recevoir ce que d'autres n'arrivent pas à savoir et avoir, le descriptif complet de qui est Elia Karma Daniels, de sa main. 

Elía Karma Daníels est une femme transsexuelle de 22 ans vivant à Reykjavík, en Islande.
Celle-ci a commencé le projet à l'âge de 20 ans, à Akureyri, dans le nord du pays, en 2019.

Sa rencontre avec le milieu Death Metal se fait par son meilleur ami quand ils avaient 13 ans.  Les années passent et après avoir essayé de monter différents combots, les deux amis forment Black Memorial, orienté Death Metal mélodique pour lequel ils écrivent actuellement pour la sortie du premier album.

Février 2020 sort "The Void In Her Mind", dont les paroles correspondent vraiment à l'idée du projet Hush. Album très violent de Noise/Grind/Death, qui dénote totalment des autres prods qui suivront. 

Véritable artiste, Elia compte en 2021 plus de 15 projets actifs, dont certains sont de réelles formation et d'autres des projets qui voient le jour du fin fond de sa chambre. Quorthon de Bathory, faisait de même à ses débuts. Comme beaucoup d'artistes, son identité ne se forge au fur et à mesure du temps mais pas que son identité que l'on nomme empreinte artistique, mais sa réalisation en tant que personne. Non binaire en 2020, elle me cite sur notre échange :

"je suis sortie en tant que femme transgenre au début du mois de janvier et je n'ai jamais été aussi heureuse"

 

Après cette présentation, découvrons sans attendre ce qui se cache sous "Blackhearth" 

Se sentir cruellement emprisonné(e) dans un corps incompatible avec le sentiment profond d’appartenir au genre masculin, féminin, avoir l'impression d'être un accident Biologique, voilà ce que met en évidence ce premier titre "DYSPHORIC". Titre Blackened/Death, froid, torturé et cruel tout comme l'annonce la pochetteElia Karma Daniels m'emporte dans cette symphonie atmosphérique dissonante et cette incompatibilité de notre identité à notre corps, à notre nom, à la perception de soi, des autres...Ce titre est la première composition qu'elle ait écrite, suite à sa première sortie comme femme en Janvier. 

je suis sortie en tant que femme transgenre au début du mois de janvier et je n'ai jamais été aussi heureuse.

Architecture sonore, conséquences apocalyptique à l'intérieur de ton être. Blast Martial, Growl/Scream des enfers, Shred digne de l'école du Nanto Seiken (je suis un fan absolu de Hokuto No Ken), voilà ce que déroule ce second titre "BLACKHEARTH", on est clairement au fin fond des enfers, impressionné je suis. 

"Catatonic", poursuit cette descente, digne d'un Cannibal Corpse totalement possédé. Mais quel BLASTphème mes raclos ! Ce Death/Sludge malsain aux riffs distordus, d'une rare intensité dans son approche, une collection de double pédale et de crash à la cymbale qui annonce le glas de ton cerveau à la maladie neurométabolique associé aux troubles du spectre autistique. Autant te dire que tu resteras enfermé à jamais dans cette camisole de chaire emplie de doute. Tu peux commencer à éplucher à l'économe ce corps que tu ne souhaites pas. 

Voix des tréfonds de l'espace tel un trou noir qui nous aspire, "Cursed" fera chavirer notre monde vers des univers distordus, comme l'est cette guitare et cette rythmique hypnotisante si caractéristique du Death bien lourd. 

5ème titre avec "Dissociation", véritable traumatisme qui induit l'auditeur à un état de transe naturelle, moyen de défense face à la situation qui devient pathologique lorsque celui-ci perdure au-delà du danger et désorganise ton esprit. Redoutable dans son approche, ébauche de puissance, growls monstrueux et riffs acérés. Grosse claque, très très bon !  "Catastrophe" prend exactement la même ligne destructrice, avec des envolées de guitares à te faire péter une crise d'épilepsie. Avant-dernier titre plus personnel avec "Deceased", écriture sur son identité de genre et, sur le fait qu'elle est laissée son ancienne identité derrière elle et le début d'une nouvelle vie, tout recommencer à zéro en tant que femme. "Songbird" met fin à cet album et à cette ancienne vie. Lumière dans ce dédale de noirceur, ce titre clôture "Blackhearth" avec une instru de 2 minutes et 16 secondes, nous laissant là avec ce vide, après cette expérience traumatisante. 

Alors bien ou bien ce dernier album de Hush ?

Brillant, mon début d'année sera marqué par cette rencontre. Nous sommes restés en contact et je suis vraiment ravi de cela. Je ne connaissais pas du tout Hush et n'en avais jamais entendu parlé, c'est en trainant mes guêtres dans les méandres de l'underground, que je suis tombé dessus. Et quelle surprise, tant de rage, de distorsions, de férocité, je me suis dit je laisse tomber ma chronique (j'en rédigeait une autre bien folk) et je me suis mis sur celle-ci. Je précise que l'album a été écrit, composé, enregistré en 2 jours seulement. Nous frisons le génie, car comme elle me le précise : " j'ai jeté mes idées, et c'est le fouillis, je ferai autrement pour mon prochain". Ma réponse : "ce fouillis est peut-être voulu, car ton album est la fin de ce que tu étais avant et tu l'as parfaitement retranscrit". Fin de l'histoire pour cet homme devenu femme. To be continued...

 

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