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Publié par anne

Entretien avec Guillaume de NEBULIZAR pour l'album "Appréhension"

La sortie d'un premier album est toujours un moment d'exception pour un groupe. En ces temps troublés, Nébulizar relève le défi avec brio. Fort d'un EP, "Near Death Experience", sorti en 2018, le groupe, nous offre un opus où se côtoient allègrement Post-Metal, Thrash, Death, Atmosphérique et Metal Progressif.  Les harmonies vocales des deux chanteurs alternent entre voix claires et growls, servies par une technique impeccable et une production aux petits oignons. Nul doute que cet album trouvera grâce à vos oreilles et sa place au pied du sapin.
 

Bonjour Nébulizar ! Vous avez sorti en mars 2018 votre 1er EP (Near Death Expérience), vous sortez votre premier album : Appréhension. Sortir un premier album, c’est entrer un peu dans la cour des grands, comment vivez-vous ce moment ?
On le vit très bien, nous sommes très heureux de l'avancée du projet. On se réjouit de le promouvoir et on est super content et fiers d'en être arrivés là.


Le nom de l’album vient d’une remarque émise sur votre musique comme « étant difficile à appréhender », est-ce parce que vous refusez d’entrer dans une case, ou parce que vous ne vous donnez aucune limite ? 
Lors d'un concert,  une personne  nous a dit : je n'arrive pas à comprendre ce que vous faites, je n'appréhende pas votre style !!!". On a aimé cette remarque qui nous a permis de nous remettre en question. Et de là est venue l'idée du nom de l'album.


On fait un metal qui est un petit peu déconstruit, avec beaucoup de styles différents.  Même si on refuse de se mettre une étiquette, on rentre pourtant dans une très large catégorie qui est le "prog" 


Vos thèmes ont évolué, passant de l’infiniment grand (cosmos et nature) à l'humain. Ils se focalisent  sur son côté obscur, son mystère et sa noirceur. Pourquoi explorer ce versant de l’âme humaine ? 
On se lasse vite de raconter qu'on est heureux, qu'on vit bien.  C'est plus intéressant, au point de vue musical, de l'écriture, de parler du coté obscur de l'homme, de sa violence, de sa haine, de sa méchanceté.
Je trouve que l'actualité en est l'illustration parfaite.


Il y a beaucoup de choses qui se passent en ce moment, tant au niveau de la violence, qu'au niveau de la santé.  Mais on aborde tout de même des points positifs dans un de nos textes. On espère que tout ça va s'arranger, mais il faut bien dire que c'est un peu tendu en ce moment.
 

Entretien avec Guillaume de NEBULIZAR pour l'album "Appréhension"

Comment se passe le processus de création ? Qui écrit et qui compose ? Comment choisissez-vous vos thèmes ? 
Il n'y a pas vraiment de configuration. On y va beaucoup au feeling. Il n'y a pas quelqu'un qui écrit,  un autre qui compose, un autre qui travaille dans son coin : on arrive et tout est calé ! On a la chance d'avoir pas mal de démos de nos anciens groupes. On mélange le tout, on réécrit, on recompose, on retravaille et ça donne ce que nous sommes


Cette façon de travailler donne une inspiration très ouverte ...
Oui, il n'y a pas de règles. Nous avons une connexion tous les trois. On sait ce qu'on veut, et on veut des choses précises. La manière dont on arrive à se concentrer, facilite notre travail


Quels sont les musiciens qui vous ont influencé ? Et comment faites-vous évoluer votre musique au gré de ces influences ? 
On a des inspirations très vastes. Rodolphe et moi sommes très "black", très rock, très "death, même si je suis un peu plus énervé. J'aime le "prog" également. Robin est plus thrash, folk et chansons françaises aussi. Bien sûr, les artistes que nous écoutons nous influencent. Ils nous motivent et nous donnent cette petite flamme intérieure qui fait que lorsqu'on les écoute, on se dit que c'est ça qu'on veut faire. Mais on arrive à ne pas trop piocher dans ces influences. Notre objectif n'est pas de "faire comme" les groupes qu'on écoute. Il est de composer notre propre style, même si c'est un petit peu compliqué. Mais on essaye de se démarquer.


Cela viendra avec la maturité et les albums suivants ? On a toujours envie de mettre plein de choses dans un album ?
Exactement. On a fait pas mal de modifications à l'enregistrement, on a rajouté des trucs. On ne sort pas un album tous les ans et un premier album est le début d'une carrière. De ce fait, il vaut mieux avancer dans le sens de la création, plutôt que de se cantonner à quelque chose de simple. Ça peut marcher. Mais nous, on veut le maximum en une seule galette. On travaille déjà sur le prochain album. On a fait deux répéts avant le confinement, et on était déjà sur de nouvelles compos, de nouveaux textes. On continue à travailler chacun dans notre coin, et ce n'est pas facile de répéter à distance. Dès que la situation va se calmer, on sera sur le pied de guerre. On a envie de bouger, de faire des concerts, de revoir les gens sans masques
 

Entretien avec Guillaume de NEBULIZAR pour l'album "Appréhension"

J'ai lu dans une chronique que vous seriez les "petits frères de Gojira". Pas mal comme référence ?
C'est un très beau compliment que j'aime beaucoup, et on est tous fans de ce groupe. Mais je ne me considère pas que notre groupe soit le petit frère de Gojira. Ils ont leur propre style et si on en a quelques influences, on ne leur ressemble pas. Gojira était très "death" au début, puis ça s'est un peu calmé au fur et à mesure des albums. Quelqu'un qui écoute Gojira depuis 20 ans, ne va pas dire que Nébulizar leur ressemble. La comparaison musicale est un peu fausse


L'album a été enregistré au Steelmind Studio (51 - Reims), comment s'est-il passé l'enregistrement  ?
On a travaillé avec Xavier Collard, et ça s'est passé comme sur des roulettes. J'en profite pour lui faire un petit coucou confiné. On l'a rencontré lors d'un concert où on avait joué avec un groupe de death : Prophetic Scourge qui appartient également à la Klonosphère. J'ai appris au fur et à mesure de notre discussion, que c'était lui qui avait enregistré leur premier album. Cet album me plaît et il a un sacré son, il a fait un sacré boulot. C'est quelqu'un de très professionnel, qui parle beaucoup et qui est très sympathique. Il nous a beaucoup aidé, il a été super patient, parce qu'on n'était pas facile. On est amis maintenant. On sortait beaucoup avant le confinement. Le contact humain a été très important pour nous


Aviez vous une idée précise de la prod finale ou vous êtes vous laissé guider ?
On cherchait juste à enregistrer un album (rires). Même si on avait quelques pistes, on ne savait pas avec qui, ni comment. On a saisi l'occasion lorsqu'elle s'est présentée


L’artwork est superbe : tout en clair-obscur, un visage à peine esquissé : qui l’a conçu ? Est-ce que le visuel est important pour vous ? 
On voulait quelque chose de sombre, à l'image de notre album. Quelque chose qui représentait le côté humain, mais en déséquilibre. Quelque chose qui oblige à regarder entre les émotions, entre les énergies. On s'est penché sur beaucoup d'artistes, et on s'est perdu dans les œuvres de chacun. On a donc décidé de le faire nous même. C'est Rodolphe qui s'en est chargé. Il a pris un moule de sa tête,  l'a recouvert de papier toilette mouillé, et a mis une lumière derrière. Même si on a été surpris la première fois qu'on l'a vu, l'aspect esthétique nous a beaucoup plu. On avait réussi à trouver des corrélations entre ce qu'on voulait exprimer et notre musique. C'est le travail du groupe et non d'un graphiste.  Comme quoi, notre batteur sait faire autre chose que de taper sur des fûts !
 

Entretien avec Guillaume de NEBULIZAR pour l'album "Appréhension"

Comment peut-on se réinventer à l’heure actuelle pour faire vivre sa musique ?
Les réseaux sociaux nous aident beaucoup dans ces moments obscurs. On voit des groupes qui font des lives en streaming sur les réseaux sociaux. Par exemple, Devin Towsend, qui est quelqu'un qu'on écoute beaucoup, a fait un concert de malade sur Skype pendant Halloween. Les musiciens à l'heure actuelle en sont réduits à faire ça. C'est une  façon de garder le contact avec le public. Mais on perd le contact humain, le partage. Il faut aimer partager pour exercer son art. Il très important d'avoir de la visibilité sur les réseaux sociaux, sur les plates-formes.  On est obligé de suivre les évolutions d'internet parce qu'on peut être très vite dépassé. Autrefois, on pouvait brancher un ampli pour jouer dans un bar, maintenant, il faut brancher un PC, une webcam et apprendre à utiliser Internet


Je te laisse le mot de la fin 
Je le dis dans toutes les interviews, mais c'est quelque chose qui me tient à coeur :   je voudrais remercier toutes les personnes qui nous sont proches,  qui nous suivent, nous aident constamment. Xavier, qui nous a permis de rentrer dans la Klonosphère. Klonosphère qui nous fait confiance, nous aide à promouvoir notre groupe à une vitesse folle. On en a vraiment besoin en ce moment. Et merci à Loud TV pour cette interview
 

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