Chronique de CANNIBAL CORPSE “Violence unimagined” 4/5

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Note de la rédaction :
4/5
Cannibal corpse 2021

Cannibal corpse 2021

Depuis la sortie de l’album “Evisceration Plague” en 2009, j’avais quelque peu décroché de l’univers saignant des rois du brutal death metal made in Tampa. Une lassitude due à une sensation de répétition peut-être…
Pour les jeunes padawans, rappelons que CANNIBAL CORPSE officie depuis 1988 ! Ils restent encore aujourd’hui LA référence incontestée (et incontestable) du genre. Tout cela malgré des changements de line up qui feraient passer la famille Forrester d’Amour Gloire et Beauté pour un modèle de stabilité !

L’annonce de la sortie de leur quinzième album étant un évènement en soi, j’ai donc écouté le premier single “Inhumane Harvest” et j’ai retrouvé les bons vieux frissons d’antan!

Tripes à la mode de quand ?

La marque de fabrique CANNIBAL CORPSE c’est d’abord la cover, reconnaissable entre mille. Dans son esthétique, laideur signée Vince Locke ! Cette fois la pochette est “féminine” ! En mode langue de pute qui te donne envie de ranger vite fait ton service trois pièces au coffre-fort, en attendant qu’elle ait digéré son bébé sur la couve originale qui risquait la censure.

 C’est ensuite le choix du titre qui annonce la couleur de l’album, avec une promesse dont on attend qu’elle soit tenue : VIOLENCE UNIMAGINED.

CANNIBAL CORPSE Violence Unimagined artwork

CANNIBAL CORPSE Violence Unimagined artwork

Enfile tes bottes, on va patauger dans le sang !

Avec CANNIBAL CORPSE c’est plat direct et Murderous Rampage te cueille à froid avec une section rythmique qui est visiblement là pour assommer, vite relayée par les guitares en mode scies à ruban. C’est foutrement rapide, efficace et déjà on est englué dans du saignant !

Necrogenic Resurrection, à peine moins rapide, confirme la tendance avec des alternances de rythmes, tantôt ultra lourds, tantôt échevelés, qui agissent avec l’efficacité d’un caisson sensoriel. Entre rythmique hypnotique et riffs incisifs, en deux titres, tous les sens sont en éveil pour poursuivre le massacre !

Hypnotiques, Inhumane Harvest et Condemnation Contagion avec leur rythme mid tempo nous ramènent à un balancement tribal. Et le chant de Georges “Corpsegrinder” Fisher vient ponctuer dans toute sa sauvage et malsaine cruauté.

Surround, Kill, Devour relance la meute de tueurs en une course folle sous le chorus, discret mais malsain d’Erik Rutan. Cela avant de nous plonger dans la folie rythmique de Ritual Annihilation. Un véritable massacre à la tronçonneuse bien huilée sous les injonctions de maître Fisher.

Cette bonne première moitié d’album est passée comme une lettre à la poste et j’en veux encore !

Et ce ne sont sûrement pas les riffs précis et les décrochages sauvages de rythme de Follow the Blood ou de Bound and Burned qui me feront changer d’avis.

Si Overtorture est le morceau le plus court de l’album, ce n’est pas le moins furieux. Mazette ! Ça pulse comme un cœur à l’apogée de la souffrance, le rythme est tout simplement infernal !

Pour terminer cette pièce du boucher, Cerements of the Flayed part en vrilles dans le bon sens du terme ! En effet le titre finit de nous exploser les rares neurones survivants dans une débauche de riffs d’une sauvagerie et d’une maestria accomplies.

A tout saigneur, tout honneur

Je dois m’incliner et remiser mes a priori à la con car cet album, c’est du grand CANNIBAL CORPSE !

Certes, les gâte-sauces qui ne jurent que par la modernité pourront toujours faire la fine bouche. Cela reste en effet old school ! Mais les amateurs de bonne chair aime la barbaque maturée, à la fois tendre et saignante. Elle est plus goûteuse qu’un steack reconstitué sous vide. Avec cet opus, c’est du tartare coupé à la feuille que nous offrent ces démons de Tampa.

A défaut de se renouveler (pourquoi le feraient-ils ? Ils sont parmi les pères fondateurs du genre), CANNIBAL CORPSE a mis la barre plus haut dans la technicité, l’efficacité et la brutalité, et un son plus organique.

L’arrivée en tant que membre à part entière d’Erik Rutan, à la place de Pat O’Brien, est sans conteste ce qu’il fallait au groupe pour ne pas sombrer dans la routine.

La complicité du guitariste et du groupe ne date pas d’hier ! En effet, Erik Rutan a produit quatre de leurs albums et a fait quelques apparitions en guest.

Son expérience du death rapide (Hate Eternal), la complicité évidente avec Rob Barrett à la guitare rythmique, font merveille tant dans les leads que dans les riffs en donnant un mordant particulier et plus moderne aux parties guitaristiques.

Entre growls et screams, George “Corpsegrinder” Fisher semble avoir davantage posé sa voix. Elle est en effet plus convaincante et plus malsaine.

Il serait fort injuste de ne pas mentionner l’excellence d’Alex Webster (co-fondateur du groupe) à la basse et de Paul Mazurkiewicz à la batterie. Les deux assurent une partie rythmique redoutable d’efficacité.

Avec VIOLENCE UNIMAGINED, CANNIBAL CORPSE tient ses promesses et prouve, s’il en était encore besoin, que le massacre ne continuera pas sans eux.

Retrouvez notre interview avec Paul Mazurkiewicz, batteur de CANNIBAL CORPSE ici 👇

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