Chronique de l’album For Those That Wish to Exist d’ARCHITECTS

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Note de la rédaction :
4/5

Chronique de For Those That Wish to Exist par ARCHITECTS

Chronique du neuvième album d'ARCHITECTS : For Those That Wish to Exist

Architects 2021

L’historique du groupe

C’est un fait, à chacune de ses nouvelles sorties, le groupe ARCHITECTS sait faire parler de lui. Alors qu’on les croyait morts, le retour en force de 2018 « Holy Hell » nous a démontré le contraire en réinventant totalement les méthodes de compositions et de sonorités pour le plus grand bonheur d’une majorité de fans mais aussi d’un public plus jeune à l’affut de nouveautés metal.

Fondé en 2004 par les frères Dan et Tom Searle, ARCHITECTS est une légende du Metalcore anglais. Bien que très populaire et très respecté depuis ses origines par les aficionados du genre, le quintette a su forger en plus de 15 ans de carrière un son lourd, un son efficace et surtout une référence pour des milliers de groupes. Mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille car la formation a connu diverses évolutions.

L’arrivée de Sam Carter

Tout d’abord en matière de line up, on retient principalement l’arrivée de Sam Carter. Ce dernier remplace Matt Johnson en 2007 qui signera de son scream plus reconnaissable et moins screamo les excellentes sorties « Ruin » et « Hollow Front ». Ces deux albums bien qu’ayant aujourd’hui plus de 10 ans font toujours partie des tops albums pour beaucoup d’entre nous. Le deuxième mouvement de membre, cette fois-ci bien plus dramatique correspond au décès brutal de Tom Searle en 2016 des suites de son cancer. A cette époque, le groupe venait de sortir « All Our Gods Have Abandoned Us » qui venait compléter le sublime « Lost Forever, Lost Together ». C’est à croire que le groupe travaille toujours en diptyque !

Le drame

Cette perte a été un immense chamboulement car étant un des membres fondateur, qui plus est le frère du batteur et enfin l’un des piliers de la composition du groupe, il a fallu marquer une pause pour se remettre du choc et envisager la suite ou non du groupe. Mais Dan savait que son frère n’aurait pas voulu que l’aventure s’arrête là. Il n’a pas baissé les bras et le groupe a repris dès que possible la composition ainsi que la recherche d’un remplaçant.

Leur dévolu sera finalement porté sur Josh Middleton, auparavant guitariste de tournée très proche au plan personnel de Tom Searle mais également et surtout le guitariste chanteur de SYLOSIS, pierre angulaire du Thrash Metal moderne anglais. Après seulement un an et demi d’absence, le groupe était déjà de retour avec le magnifique single « Doomsday » dont le clip culmine à plus de 30 Millions de vue début 2021 ! Celui-ci sera rattaché au huitième album intitulé « Holly Hell », le premier album sans Tom Searle.

Chronique du neuvième album d'ARCHITECTS : For Those That Wish to Exist

Tom Searle RIP

Le coup de maitre

Ensuite même si cela est moins marqué que BRING ME THE HORIZON par exemple, et c’est sans doute le plus gros coup de maitre du groupe. ARCHITECTS a toujours proposé de la nouveauté au fil de ses albums. D’abord très agressif à la limite du Deathcore dans « Nightmares » puis du Brutal Death dans « Ruin » et « Hollow Crown ». Le groupe a fait évoluer ses influences à partir de « Daybreaker » en incorporant à la fois des sonorités plus modernes et du riff franc dans la veine Hardcore.

Au sommet de son art, les Britanniques atteignant une maitrise indéniable de toutes leurs influences ! Le groupe nous signe « Lost Forever, Lost Together » ainsi que « All Ouf Gods Have Abandoned Us » dans un diptyque de Metalcore moderne froid. C’est technique mais aussi planant et tellement bien maitrisé. Dès sa prise de fonction, Josh a su s’imprégner au mieux de tout cet univers ARCHITECTS. Le tout en le mélangeant avec sa vision des choses. Il est fort probable que ce nouveau départ a également permis aux membres historiques d’approfondir l’appropriation de leurs influences aussi diverses soient elles. Et le résultat en est criant d’efficacité puisque « Holly Hell » en ressort toujours autant de mélodie mais dirigée à présent par de gros riffs très groovy.

La chronique dans le détail

Et maintenant l’heure est venue  de parler de ce nouvel album « For Those That Wish to Exist ». Premièrement, on observe beaucoup de choses intéressantes sur la pochette. Certes on retrouve cette thématique religieuse déjà bien ancrée dans la direction artistique du groupe. Mais cette fois, et c’est une première, il s’agit d’une pochette photographiée. On y retrouve un cosmonaute au centre de l’allée d’une l’église observant un rayon de lumière transperçant les vitres et illuminant le lieu. Cette vision représente un véritable contraste. La vie vécue du cosmonaute très « rationnel » et le point de vue spirituel avec toutes les suppositions qu’il en découle de l’après moins vérifiable.

Avant la sortie du LP, ARCHITECTS  a bien teasé tout au long des quatre derniers mois. Tout d’abord le clip de « Animals » sorti le 20 Octobre 2020, puis « Black Lungs » toujours clipé le 2 Décembre 2020. Ensuite « Dead Butterflies » le 20 Janvier 2021 et « Meteor » le 8 Février 2021 qui est le seul titre ne disposant pas de clip. Ces premiers aperçus ont énormément fait parler d’eux car ils tranchent une nouvelle fois dans ce que le groupe avait à proposer auparavant. La relève de LINKIN PARK, un énième copier-coller de Rock Alternatif que les groupes de Metalcore produisent par manque d’originalité et de renouvellement ? Des expérimentations pas tant travaillées ? Une chose est sûre, les codes sont bousculés.

Un nouveau chapitre ?

Dès les premières secondes on sait qu’un retour en arrière ne sera pas possible. Que tout ce que nous avons connu d’ARCHITECTS est et restera à jamais dans l’univers du groupe et dans les oreilles de leurs fans. Pourtant à la fin de « Do You Dream of Armageddon » on ressent comme un second souffle souhaité débordant d’ambitions. On retrouve différentes nouveautés plus ou moins excitantes tout au long de l’album. En premier lieu un retour des orchestrations spectaculaires, présentes sur plusieurs titres qui donne une grandeur et même une ampleur telle qu’on peut presque y donner une ampleur religieuse avec des chœurs surpuissants. En opposition à cela on retrouve tout un tas d’ambiances aériennes et spatiales à l’aide de pads, beatmaking et autre bruits blancs.

Le groupe n’en oublie pas pour autant ses gros riffs bien groovy du précédent opus et en rajoute une couche si bien qu’on pourrait songer à du Nu Metal. Ces riffs sont enchainés par de nombreux voir TROP nombreux refrains entrainants. Tout au long de l’écoute, il n’est pas rare de pressentir des transitions couplet/refrain ou refrain/pont plusieurs fois semblables d’un titre à l’autre. Faites dans l’efficace sans pour autour tourner en rond ! Sinon vos gimmicks de finir une phrase avec le chant seul pour repartir ensemble notamment sonneront fades écoute après écoute.

Chronique du neuvième album d'ARCHITECTS : For Those That Wish to Exist

Pochette For Those That Wish to Exist par THE ARCHITECTS

Le point fort

Le point fort en termes d’évolution palpable dans le son du groupe se situe au niveau du chant. Il est majoritairement clair avec beaucoup de douceur. Ce parti pris n’en retire cependant pas autant d’agressivité au niveau des paroles. On peut y voir apparaitre une forme de maturité voire de sagesse d’un groupe qui aujourd’hui connait l’adversité, la perte et les tristesses de cette vie humaine. Le scream quant à lui est privilégié pour les refrains ou bien au travers de feats, quoi que cela dépend des cas.

Les featurings se bousculent à l’entrée avec Winston McCall (PARKWAY DRIVE) dans « Impermanence », Mike Kerr (ROYAL BLOOD) dans « Little Wonder » et Simon Neil (BIFFY CLYRO) dans « Goliath ». Une nouvelle fois l’album a été autoproduit par le groupe ce qui me surprend toujours autant. Tout dans la prise de son, le mix et le mastering est maitrisé avec une grande précision. La maitrise est totale !

Le verdict

ARCHITECTS n’a pas réalisé une pâle copie de LINKIN PARK comme beaucoup aimeraient l’entendre. Il faut plutôt voir cet album comme une appropriation du groupe des différents codes que la scène musicale nouvelle génération a su mettre à profit à tous les styles. Car beaucoup de personnes oublient une chose. Les artistes sont passionnés de musique et ont une diversité d’écoute importante. Cela va de POST-MALONE à PARKWAY DRIVE en passant par BRING ME THE HORIZON, ce qui alimente leurs propres compositions. Et il existe bon nombre de groupes essayant de faire du revival pop punk à la AVRIL LAVIGNE à ce jour ! Vous les croiserez sur vos posts sponsorisés Facebook préférés ayant pris un train en retard.

Un groupe de Metalcore en 2021 ne trouvera pas autant de public que dans les années 2000 s’il réitérait la même brutalité froide et acharnée albums après albums. Les fans sont de plus en plus exigeant et tendent de plus à plus à créer deux clans. Celui des puristes (les plus minimes) et ceux aimant la progression moderne. Le publique d’ARCHITECTS a grandi avec eux mais pas seulement.

Chronique du neuvième album d'ARCHITECTS : For Those That Wish to Exist

THE ARCHITECTS 2021

Conclusion

Je dois et je veux donc être le plus franc possible comme chacune de mes chroniques : cet album est bon ! Le groupe a fait un petit pas avec le précédent album. Cependant, il s’agit d’une production décisive dans la transition du groupe vers quelque chose de plus contemporain. Le pari est gagné !

De plus, il faut relativiser. Certes c’est un léger creux dans la discographie mais qui ne se ressent pas autant que d’autres artistes. J’espère grandement pouvoir assister aux cours des prochaines années à un concert en live du groupe ! Cela confortera mon opinion qu’encore aujourd’hui les princes du Metalcore anglais sont toujours là et savent déchainer les foules.

Notes

Production : 9/10

Composition : 7/10

Emotion : 8/10 

A ranger aux côtés de NORTHLANE, BRING ME THE HORIZON, ERRA et BEING AS AN OCEAN

https://open.spotify.com/album/3xFCNfwrZNxQKajEMBY6lB?si=KQHdIvv1Q8iNz0vxw8WoNg

Tracklist :

  1. Do You Dream of Armageddon? (1’38)
  2. Black Lungs (3’51)
  3. Giving Blood (3’32)
  4. Discourse Is Dead (3’46)
  5. Dead Butterflies (4’02)
  6. An Ordinary Extinction (4’07)
  7. Impermanence featuring Winston McCall de Parkway Drive (4’02)
  8. Flight Without Feathers (3’48)
  9. Little Wonder featuring Mike Kerr de Royal Blood (3’47)
  10. Animals (4’04)
  11. Libertine (4’01)
  12. Goliath featuring Simon Neil de Biffy Clyro (4’17)
  13. Demi God (4’26)
  14. Meteor (4’01)
  15. Dying Is Absolutely Safe (4’59)

Pour plus d’informations : https://www.architectsofficial.com

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