Chronique du dernier DEEDS OF FLESH “Nucleus” : L’album hommage aux airs d’adieu…

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Le 9ème album “Nucleus” du combo californien de Technical/Brutal Death Metal, DEEDS OF FLESH met fin à 7 années de silence studio.
Avec les précédents albums “Of What’s To Come” (2008) et “Portals To Canaan” (2013) , “Nucleus” incarne le dernier volet d’une trilogie.
Avec “Portals To Canaan” en 2013, DOF atteignait probablement son meilleur niveau technique et le summum de sa puissance créative.
Qu’en est-il de cet album, 2 ans après le décès d’Erik Lindmark, chanteur/guitariste et fondateur du groupe ?

Chronique du dernier DEEDS OF FLESH "Nucleus" : L'album hommage aux airs d'adieu...

Pour rappel, le fondateur et l’âme même du groupe, Erik Lindmark, est décédé le 29 novembre 2018 de la sclérose à l’âge de 46 ans.

Album posthume donc, “Nucleus” représente cependant l’aboutissement des dernières années de composition d’Erik Lindmark, aux côtés de Craig Peters, Ivan MunguiaDarren Cesca, et, pour la touche finale, de Jacoby Kingston. On peut, en ce sens, y voir là la signature de Lindmark.

Et comme l’a dit Confucius en -480 avant Jésus Christ dans une interview pour Loud Tv : “Une image vaut 1000 mots“, aussi, votre humble serviteuse (oui c’est moche mais ça existe !) vous a concocté  ci-dessous, la super-notice “Qui c’est quoi quand ?” :

DEEDS OF FLESH, full line up de 1993 à 2020

DEEDS OF FLESH, full line up de 1993 à 2020

On peut en effet dire que le style Lindmark est présent, c’est technique, brutal , rapide et lourd.
Le principal de l’album avait été écrit, enregistré et mixé ces 4 dernières années par Lindmark aux côtés de Munguia et Peters, ce qui préserve l’identité musicale de l’album.
Cependant, Lindmark n’a pas composé les lignes vocales et le chant, et ce sont Hamilton et Jacoby qui s’en sont chargés, Kingston fournissant le chant.
Pour autant, ça ne sonne pas tout à fait pareil que les précédents, les riffs étant selon moi moins accrocheurs, un peu plus difficiles à saisir.

Bien que DEEDS OF FLESH n’en soit pas très coutumier, on notera la présence de quelques solos de guitare bien amenés et jamais dans la démonstration, à l’instar de “Ascension Vortex” à 2:42 mn.
Les riffs les plus accrocheurs sont probablement dans les titres “Alien Scourge“, “Ethereal Ancestors” ou encore dans l’excellent “Catacombs Of Monolith“, mon préféré de l’album, avec au micro la présence reconnaissable de Luc Lemay (GORGUTS, OBSCURA…) en parfait accord avec Kingston.

Ce titre constitue une digne représentation du Technical Brutal Death Metal, les changements de tempi y sont jubilatoires, et les riffs y sont tantôt cisailleurs, tantôt gras et heavy, comme dans le féroce “On What’s To Come” de l’album éponyme de 2008 :

Nucleus” s’inscrit donc parfaitement dans la continuité des deux précédents volets et rejoint le stellaire “Portals To Canaan“, musicalement et thématiquement.
Les textes et les ambiances de l’album nous plongent en pleine science-fiction (Anticipation pour les plus cyniques ?), décrivant l’invasion d’un virus extra-terrestre sur Terre et la lutte de l’Homme face à cette menace apocalyptique, récurrente chez DOF.
On comprend évidemment la portée visuelle et symbolique de ce superbe artwork réalisé, comme pour les précédents albums, par le californien Raymond Swanland, illustrateur spécialisé SF, Fantasy et jeux vidéos (…).

Album multi-collaborations, “Nucleus” nous délivre 40 mn de prouesse technique avec homogénéité et sans mise en avant des artistes, ce qui est une réussite quand on voit la liste des “guest-stars”, que l’on retrouve à partir du 3ème titre “Ascension Vortex“, puis sur tout le reste du CD (excepté l’outro) avec parfois 3 voire 4 hurleurs sur un même titre :

Bill Robinson (DECREPIT BIRTH), Obie Flett (PATHOLOGY), Anthony Trapani (ODIOUS MORTEM, SEVERED SAVIOR), Luc Lemay (GORGUTS), George “Corpsegrinder” Fisher (CANNIBAL CORPSE), John Gallagher (DYING FETUS), Matti Way (SUBMERGED), Jon Zig (SERPENTIAN), Dusty Boisjolie (SEVERED SAVIOR, ILLUMINEGRA), Robbe Kok (DISAVOWED), Frank Mullen (SUFFOCATION).

Dans son ensemble, on ne peut pas dire qu’il y ait de mauvais morceau dans cet album, mais je le trouve parfois un peu répétitif et certains titres ne suscitent pas autant d’intérêt, je pense par exemple à “Races Conjoined” que je trouve plus ennuyeux, excepté la basse qui a un jeu intéressant et plus marqué que sur la plupart des autres titres.

On se laissera par exemple davantage saisir par un “Alyen Scourge” à la bonne sauce SUFFOCATION.
Il est introduit par le cinématographique “Odyssey” dans lequel un message vocal féminin, qui semble tout droit sorti d’un vaisseau spatial, alerte sur la présence d’une menace extra-terrestre virale. Il prend une tournure quasi tribale à 1:21 mn et explose brutalement à 2:05 mn pour laisser place à un court solo guitare tortueux.

Alyen Scourge” réagit violemment à cette annonce d’invasion extra-terrestre, avec des riffs bien lourds et rapides, soutenus par une batterie frénétique. C’est lourd, rapide, hyper rapide même, et hyper technique, on est dans une énergie d’urgence et de destruction.

Après “Ascension Vortex” que j’ai cité pour son solo et “Catacombs Of Monolith” qui est selon moi le meilleur morceau du skeud, “Ethereal Ancestors” nous arrive nerveux et sombre, servi par notre “broyeur de cadavre” George (CANNIBAL CORPSE), nous livrant un titre qui colle naturellement à la discographie de DOF et à ce qu’a pu faire Jacoby Kingston jusqu’ici.

Nucleus” qui donne son titre à l’opus, mélange un jeu guitare plus heavy avec des envolées techniques, qui ne sont pas sans rappeler des groupes Death Tech tels que SPAWN OF POSSESSION. La voix de John Gallagher (DYING FETUS) y est bien rauque et grave pour nous annoncer que “The last of the human race is telepathically called to the waters“. Le titre se termine sur des riffs massifs et sur un court solo guitare à 4:20 mn dans la tradition heavy.
La voix gutturale de Kingston, quant à elle, n’a rien perdu depuis toutes ces années et sa présence est toujours aussi monstrueuse.

L’élément eau qui est présent dans l’oeuvre de DEEDS OF FLESH de façon générale, se retrouve également en toute fin de l’avant-dernier titre “Terror“. Le duo Dusty Boisjolie (SEVERED SAVIOR, ILLUMINEGRA) et Robbe Kok (DISAVOWED) fonctionne bien autour d’un ensemble assez old school. le carnage et la bataille finale y sont annoncés.

L’outro “Onward” reprend l’ambiance cinématographique et tribale de l’intro “Odyssey“, le message vocal en moins. Le titre clôture l’album sur une note d’humanité et d’émotion avec des “Hey” cadencés et un cri d’espoir final “Onward !”, qui signifie “en avant !”.

Ci-dessous la vidéo officielle de l’éponyme “Nucleus“, mention spéciale au batteur Darren Cesca sur tout l’album qui livre là une grosse performance de brutalité et de rapidité incroyable :

L’album “Nucleus” est un très bon album, clean, bien exécuté, bien produit (on sent qu’il y a du budget) et qui coche toutes les cases attendues chez DEEDS OF FLESH et, par extension, du genre lui-même : brutalité, technicité, rapidité…
Il clôture bien, musicalement et thématiquement, une trilogie commencée par “Of What’s To Come” (2008) et “Portals To Canaan” (2013), mais est, à mon sens, un peu en-dessous.
J’éprouve par moments au fil de l’écoute un sentiment de répétitivité et d’ennui sur certains riffs ou titres.
Les fans de DOF de la première heure, les amateurs de Technical/Brutal Death Metal à la SUFFOCATION, CANNIBAL CORPSE, NECROPHAGIST…devraient y trouver leur compte mais ne le placeront pas, je pense, en tête de leur “Métalthèque”.
C’est de très “high level”, la performance est écrasante…pour autant, il ne fonctionne pas aussi bien que les précédents (manque d’alchimie ?…)

Album hommage, la mémoire d’Erik Lindmark est dignement honorée, le travail qu’il avait laissé, parfaitement salué.
La mobilisation des musiciens du groupe et des guest-stars en fait un album aux allures d’album ultime, je vois mal un autre album après celui-là et j’ai envie de dire qu’il ne devrait  pas y en avoir un autre.

C’est indéniable, l’héritage de DEEDS OF FLESH pour la scène Brutal Death et Death Tech est immense, et ce, déjà avant qu”Erik Lindmark ne quitte ce monde.

Métallement vôtre.

Album mixé et masterisé par Zack Ohren (ALL SHALL PERISH, IMMOLATION) à Castle Ultimate, Oakland, CA.

Tracklist :

1. Odyssey
2. Alyen Scourge
3. Ascension Vortex
4. Catacombs of the Monolith
5. Etheral Ancestors
6. Nucleus
7. Races Conjoined
8. Terror
9. Onward

 

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